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Date d'inscription : 24/05/2018
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je me présente quand meme

le Dim 27 Mai - 18:09
Bonjour ,

J'ai lancé récemment un sujet sur la question de l' intérêt du diagnostic.
Dans ce sujet je vous épargnez ma présentation sous prétexte de ne pas rabâcher ce que vous connaissez déjà.
Néanmoins il me semble plus correct de le faire. Parce que je pense le faire également en parallèle au sein de ma communauté dans laquelle j’exerce mon activité associative et professionnelle.
J' ai donc commencé un article et c'est celui ci que je vais simplement livrer ici :

Je m’appelle Eric , et je suis …

Peut-être connaissez-vous mon intérêt exagéré pour l’origami :
-plier tous les jours depuis 25 ans et en avoir fait ma profession.
Celui-ci  est un de mes nombreux « intérêts spécifiques » nommés ainsi par  la classification internationale des maladies (CIM 10)
Ma manière de gérer mes intérêts spécifiques est toujours la même :
Approfondir dans un esprit « jusque boutiste » afin d’atteindre une finalité :
Dans mon enfance, il s’agissait de collections avec l’obtention de la pièce rare, l’adolescence et les jeux vidéos caractérisée par la connaissance absolue de tous les coups  de jeux de combat avec tenue de carnet de notes, pour les casse-tête et rubik cube, leur résolution , pour les cartes Magic , obtention de jeu imbattables tout thèmes confondus avec tenue d’un carnet de notes  proche de l’encyclopédie, actuellement   pour les bonsaïs il s’agit de collecter un arbre de chaque essence possible.
Après avoir plié seul de 1997 à 2001, lorsque j’ai trouvé dans les librairies japonaises parisiennes les livres de John Montroll, dès ce jour il a fallu que je connaisse tous les modèles possibles, c’est ainsi que j’ai perfectionné ma bibliothèque mentale de technique. Je peux affirmer que je connaissais de tête 120 animaux différents en 2003.
A là La différence des autres intérêts,  avec l’origami, il n’y a pas de finalité.

La deuxième grande particularité de mon « syndrome » est l’altération qualitative des interactions sociales que certain d’entre vous on pu ressentir sous divers aspects; j’ai une pensée ici pour le forum Francophones de pliage de papier bien évidemment ou mon trouble oppositionnel (colère et rancune) a souvent prit le dessus suite aux troubles du langage inapproprié au contexte social (transitions, mots hors contexte, idiosyncrasie*  ou mauvaises interprétations)
Mon syndrome ne me permet pas un relationnel aisé avec autrui et dès l’enfance j’étais impacté par un retard dans la maturité sociale me forçant à la solitude. Cette enfance a été ponctuée par mes intérêts pour l’archéologie, la mythologie et Egypte ancienne,  l’étude de l’espace avant l’âge de 8 ans et l’intérêt pour la physique et chimie dès 9 ans.
J’étais dans l’incapacité d’entretenir de véritables relations amicales car je n’en comprenais simplement pas l’intérêt de par ma perception du rapport à l’autre. Je n’avais simplement pas d’émotions qui auraient pu entretenir une chose qui n’avait pas de sens pour moi.
Mon enfance a été également été ponctuée par la maltraitance maternelle et par mon abandon paternel en famille d’accueil. J’ai tendance à croire que ces deux points négatifs d’un point de vue comportemental (rapport aux Routines inflexibles, repères sécurisant mon « trouble »,ces repères étant dans mon cas horaire et spatial) ont eu un impact positif sur une grande particularité de mon syndrome :
La  stratégie de compensation :
Celle-ci consiste à mimer les codes sociaux pour compenser les lacunes émotionnelles courantes de mon syndrome, ainsi  j’ai du faire face plus tôt à la compréhension des expressions de l’autre, les gestuels et autres stimuli sociaux et gagner en empathie cognitive (à ne pas confondre avec sympathie, compassion).
Avec l’âge cette stratégie s’avère être un piège qui se referme sur soi :
Aujourd hui, à 40ans, je suis dans l’incapacité d’interpréter mes propres émotions car je ne sais dire si elles sont véritables ou issu d’un mimétisme.

Une fois armé tel un caméléon, je me suis retrouvé face à l’adolescence avec une étape collège  marquée par les extrémités scolaires : de la mauvaise  moyenne si aucun d’intérêt, à l’excès des 18 à 20 dans le cas inverse.
La période  « lycée » a été marqué par un renforcement de la problématique du trouble oppositionnel avec l’autorité et une continuité dans le manque de relationnel (mutisme sélectif,  éviter les rassemblements tels les anniversaires, etc...)
Vers 18 ans,  j’ai recouru à une manière différente d’aborder l’autre par le biais de mes intérêts spécifiques que j’allais utiliser comme intégration sociale tout en écartant le regard de ma personne vers l’intérêt.
Cela me permet également de rester dans un « cadre »  connu et sécurisant et une manière possible de se faire remarquer de façon positive au sein de la société.
Néanmoins d’autres problématiques émergent quand on s’engage sur des échanges unilatéraux qui deviennent rapidement lassant pour l’interlocuteur ; si de plus on est devenu expert dans le domaine,  une notion d’égocentrisme extrême   se fait ressentir dans les retours.
Le problème du perfectionnisme lié à un intérêt intense est aussi problématique quand on attend beaucoup plus de l’interlocuteur (qui ne souhaite plier que des boites ou des modulaires).
A ce jour le seul  décalage que je laisse transparaitre est encore une difficulté à regarder mon interlocuteur dans les yeux.

J’ai parlé ultérieurement de  routines inflexibles pour ne pas dire obsessionnelles, tel que le même petit déjeuner depuis l’enfance, et il est vrai que pour s’en rendre compte il faut vivre quotidiennement avec moi.
J’utilise la notion de tiroirs pour expliquer que chaque chose doit avoir sa place et si une chose est déplacée, je deviens irritable pour ne pas dire colérique.
Quand à la notion de temps : il faut manger à 12h et 19h, sinon je deviens irritable. La compensation dans le cadre des routines est à son paroxysme.
Ces besoins de repères ont été un des points forts au départ avec l’origami traditionnel, rigoureux dans la méthode.
Après tant d’année où j’ai réussi à m’écarter de cette rigueur dans ce domaine précis, on pourrait poser la question d’une possible adaptabilité/évolution du comportement  dans le temps ?

Je suis Autiste Asperger
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Merci

le Lun 28 Mai - 12:40
Bonjour,

Merci beaucoup pour ce partage de ton vécu.
Très belle auto-analyse et présentation.

Cette phrase : "je suis dans l’incapacité d’interpréter mes propres émotions car je ne sais dire si elles sont véritables ou issu d’un mimétisme." fait fortement écho en moi, de par ce que semble vivre mon ami.e Aspi.
De mon point de vue, cela est potentiellement très problématique dans certaines décisions.
Notamment où un choix doit être fait basé sur son envie/sentiments. Classiquement donc dans les choix d'interactions sociales, contact à autoriser etc. Dur de s'écouter et savoir ce qu'on désire sur le moment.
J’interprète peut-être trop, est-ce que cela vous semble cohérent?
Et est-ce quelque chose que vous considérez comme handicapant?

Je vous souhaite une bonne journée,
Merci encore pour votre présentation

NB : Je suis NT et j'espère ne pas trop préjuger du ressenti et problèmes de chacun ici, j'essaie juste de mieux comprendre mon prochain =)
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Re: je me présente quand meme

le Lun 28 Mai - 13:18
Merci pour votre réponse.

Pour répondre à la demande de cohérence et de handicap :
Si je tente de comprendre ma problématique et comment elle est arrivée telle quelle à mes 40 ans ,il est utile de préciser que c'est une expérience de vie :
Comme expliqué j'ai été soit rabaissé sois pris pour un égocentrique. Ces extrêmes, blessants, puisque l' on est incompris , nous font nous remettre en question et il arrive que l' on se perde soit même , que l' on soit prêt à oublier toutes nos caractéristiques intrinsèques .
Si l' on ajoute donc à cela l'aspect caméléon perpétuel  ,alors il est aisé de comprendre un problème d’identité .
Ce qui peut sauver est la solitude ,nul besoin d’être autrement que ce que l' on est, la solitude est donc de mon point de vue nécessaire !
Suite à ma professionnalisation en tant qu'artiste je ne côtoie plus par obligation une population ou je dois me confondre, je suis moi-même depuis 4 ans avec tout ce que cela implique et c'est peut être le pourquoi de cet auto-analyse : je n'ai plus ni le besoin ni l'envie d’être un caméléon car à 40 ans : je suis fatigué.
j'espère à mon tour avoir bien répondu .
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Re: je me présente quand meme

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