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45ans et ss doute autiste asperger

le Mar 23 Fév - 18:16
Bonjour à tous....
J'ai 45 ans et ça fait déjà 1 ou 2 ans que je me questionne si toutes mes difficultés depuis la naissance ne viennent pas ....du fait que je suis asperger.

J'ai eu une vie on va dire socialement complètement affreuse pour rester poli.

Catalogué timide, mais j'ai senti toute ma vie que c'était autre chose .
depuis 10 ans en gros je ne fais plus aucun effort pour me faire des amis car aller vers les autres est une souffrance .
j'aime etre seul . je prefere aller seul a une formation etc...
mais c'est ambivalent puisque on souffre quand meme de la solitude.

Je ne vous raconterai pas toute ma vie mais on va dire que tout mon vécu me fait penser qu'il y a peu de doutes .....jai fait des listes toute mon adolescence .....ds un pot quasiment impossible pour moi de socialiser , tete à tete ça peut le faire .pire que tout parler devant un groupe , impossible j'ai l'impression de parler dans ma tête ....c'est dans ces moments là où j'atteins des sommets d'étrangeté ....
pas de sens de l'orientation, je peux aller 30 fois dans un endroit , ma perception spatiale est tres etrange.
difficile de regarder dans les yeux .

je ressens les parfums , les odeurs de façon trop forte . les sons de la meme façon ...
bref presque une caricature si l'on peut dire mais personne ne me l'a jamais dit à part "tu es asocial".

Dites moi si ça vous parle ......et aussi dites moi si le savoir peut servir à quelque chose !!!!

J'ai envie de dire que ça me donne des excuses ....j'aimerai que ça me serve pour pouvoir eviter des choses qu'on veut m'imposer au travail .Car tout changement me perturbe enormement .

Merci d'avance

Hervé

ps : j'ai donc fait 2 tests presents sur internet , mes scores sont plutot elevés mais a la limite jai pas besoin de ces tests pour savoir maintenent que je pense a ce syndrome pour etre persuadé que c'est ça......
mais

REps : quand j'ai fait une psychanalyse , jamais la psy en question n'a pensé à évoquer ce syndrome

ET après ? à part ressentir en quelquesorte de la rage ....un depistage aurait sans doute permis de me sentir moins mal dans ma peau.
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Mer 24 Fév - 12:57
Ce forum est il encore vivant
?
si oui pensez-vous qu'il soit important de se faire un test officiel aussi "vieux" ?

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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Mer 24 Fév - 13:24
en reflechissant à tout cela je me remémore des phobies peu glorieuses

incapable de repondre au telephone avant mes ????14 ans ????
incapable de faire la bise pour dire bonjour

mais ça .....c'est que quelques signes .....


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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Mer 24 Fév - 17:08
Bonjour Hervé,
Il semble que ma réponse ne soit pas parvenue... Internet, en Afrique ce n'est pas le top...

Il n'y a pas d'âge pour faire un diagnostique. Cependant, il faut savoir qu'un diagnostique n'est rien sans le soutien de ses proches, de sa famille et les aides extérieures pour surmonter ses difficultés (par aides extérieures, j'entends les spécialistes compétents, des vrais "amis" qui vous "tirent vers le haut").

A mon avis, vous ne pouvez pas être sûr d'être asperger juste en ayant fait des tests sur Internet. Un diagnostic se fait avec des contacts humains, entre un psychiatre/neuropsychologue et un patient, et encore, ce n'est pas suffisant... Il faut votre témoignage sur votre vécu, les témoignages de vos parents à propos de votre enfance et de votre adolescence, le témoignage de ceux qui vous connaissent bien en tant qu'adulte. Aussi, des témoignages de votre patron, de votre chef de secteur si vous travaillez ou avez travaillé. Encore mieux, des comptes-rendus de séances chez les précédents psychologues/psychiatres que vous avez rencontré durant l'enfance, l'adolescence ou même récemment. Des compte-rendus de tests cognitifs que vous auriez fait... Vous pouvez même emmener des bulletins scolaires ou universitaires...
Plus vous avez des éléments en main, plus cela aidera à faire le diagnostic le plus juste.

Pour information, un diagnostic officiel peut se faire au CRA (centre de Resource Autistique) de votre région. Cependant, l'attente est longue. Deux ans tout au plus...
Vous pouvez aussi vous faire diagnostiquer dans le privé, mais c'est cher. Il y a une association (ASPERGERAID) qui a un centre diagnostic à Alfortville. Vous devez envoyer des compte-rendus par courrier et remplir un TREEES long formulaire. Vous avez aussi cette association qui tient ce forum (ASPERGER AMITIE), qui peut vous conseiller des spécialistes du TSA.

Cependant, ne vous fermez pas sur un diagnostic en particulier. Les problèmes de sociabilité/socialisation ne sont pas que le propre de l'autisme, de même que l'hypersensibilité de vos sens que vous mentionnez. Ainsi, vous pouvez avoir le SA, avoir le SA et autre chose ou ne pas avoir le SA. Le plus important, c'est de savoir d'où viennent vos difficultés...

Pour ma part, j'ai reçu mon diagnostic grâce à l'aide d'une association spécialisée dans les troubles cognitifs et problèmes d'apprentissages. J'ai donc passé d'autres tests cognitifs, en plus de ceux qui servent à dépister les TSA. Cependant, aprés les tests, j'ai dû voir un autre psychiatre, spécialisé dans le SA, pour confirmer mon diagnostic. De ce fait, j'ai pu mieux savoir mon fonctionnement cognitif dans sa globalité, et non pas uniquement sous le prisme de l'autisme.

Quant à votre décision de vous faire diagnostiquer ou non, vous seul peut le décider, et personne d'autre. Même un psychiatre, un psychologue ou un psychanalyste ne peut pas vous imposer un choix. Surtout si vous pensez que cela peut vous aider...

Je comprends le fait que rien que de penser à vos difficultés, cela vous fait souffrir. Et quand bien même vous recevrez un diagnostic, ne réduisez pas votre personnalité, votre être à un diagnostic ou de couvrir vos travers avec celui-ci. Comme cela, vous n'avancerez pas.
N'oubliez pas qu'avant tout, vous êtes Hervé...

Si vous avez des questions, n'hésitez pas...

Rebecca

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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Mer 24 Fév - 17:55
Bonjour
et Merci Rebecca d'avoir pris autant de temps pour me répondre !

Si le dépistage consiste à avoir des témoignages de proches et ....de collegues et chef , je crois que je vais m'abstenir de le faire ! mes proches ne le comprendraient pas , ils sont du style "c'est comme ça" , "ce qui est fait est fait" etc....
C'est plus une démarche personnelle, importante pour moi, pour en quelqusorte expliquer mon parcours chaotique, pour une compréhension personnelle ...

En tout cas je vais quand même essayer de faire ce fameux test avec beaucoup de questions.

Je voyais plus ce diagnostic dans le sens où cela serait enfin une explication à ce mal-vivre
(qui est moins fort depuis quelques années mais ...toujours prêt à rejaillir en cas de crises de stress)

Comme mettre le mot sur un mal .
J'avais déjà trouver une solution qui consiste à ne plus s'exposer à des situations de stress.
ça marche mais pas forcément à trés long terme .
Des obligations familiales ou professionnelles de temps à autre me replongent dans ces situations de stress intenses.

Ma question est :
- qu'est ce que ce diagnostic vous a apporté à vous Rebecca ?

Voilà merci encore ,
Hervé

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45ans et ss doute...

le Dim 28 Fév - 23:49
Bonjour Hervé,
En attendant que vous receviez une réponse de Rébecca à votre question, je vais essayer de vous dire en quoi votre expérience me parle.
D'abord, la timidité. Vous dites : "tête à tête, ça peut le faire; pire que tout, parler devant un groupe". Voilà ce que j'ai noté dans mon auto-diagnostic :
- hyper timidité dans certaines situations (lorsqu'il s'agissait de m'exprimer devant un groupe, pendant l'enfance et l'adolescence; amélioration par la suite). Par exemple, refus de monter sur la scène pour aller chercher un jouet donné aux enfants par la municipalité. J'avais six ou sept ans. Ma mère n'a pas compris et m'a houspillé. Situation de panique en colonie de vacances quand on m'a demandé de mimer quelque chose pour les besoins d'un jeu. Ne comprenant pas la raison de mon refus, le moniteur a beaucoup insisté et les autres enfants aussi, ce qui a augmenté mon stress et mon blocage. En classe terminale, refus de faire un exposé oral devant les élèves. Abandon de mes études en première année d'histoire géographie pour la même raison : les exposés obligatoires. (J'ai pu reprendre des études d'espagnol vingt ans plus tard, au cours desquelles j'ai réussi à dominer ce problème). Panique également pendant mon service militaire quand le commandant de mon unité m'a demandé de lire un discours devant tout le régiment à l'occasion d'une prise d'arme. Devant mon refus obstiné, il m'a menacé de m'envoyer "au trou" (dans la prison militaire). Rien n'y a fait. Finalement, il a choisi quelqu'un d'autre.
Je crois que c'est assez proche de votre vécu. Dans mon cas, il y a eu une amélioration vers la quarantaine, et sans diagnostic de SA, vu qu'à l'époque on n'en parlait pas. Et puis j'étais passé maître dans les stratégies d'évitement, et je comptais beaucoup sur l'indifférence des autres. Je me disais, "de toute façon, mes problèmes, ils s'en foutent; ça pourrait les interpeller si je faisais un gros délire en public", mais non, aucun risque, je gardais tout pour moi et ça se terminait en dépression, et je changeais de travail avant qu'on me vire. Coup de chance par rapport à vous, à cette époque on trouvait encore du travail assez facilement et quand la crise est arrivée, François Mitterrand a ouvert en grand les vannes de la fonction publique. Alors j'en ai profité pour entrer à la poste et ensuite dans l'éducation nationale. J'ai toujours été bon pour réussir les concours. C'est après que ça se complique, quand il faut assurer...
Moi aussi, "tête à tête" ça le faisait. Mais dès qu'on était trois, je me sentais mis à l'écart, enfin pas méchamment, mais on me faisait comprendre que j'avais des idées pas communes.
Vous dites : "je ressens les sons de façon trop forte". En effet, l'hyperacousie est souvent mentionnée dans les témoignages des SA. Moi, quand j'entends une voiture de police ou les pompiers, je me bouche les oreilles bien avant qu'ils n'arrivent à ma hauteur. Je ne supporte pas non plus la sonnerie du téléphone. Ma femme qui ne peut pas s'en passer en avait placé un sur la table de chevet. Un jour que j'essayais de récupérer après une matinée difficile, il s'est mis à sonner, j'ai décroché et sans savoir qui était à l'autre bout j'ai hurlé "fait chier c'téléphone, merde!!!" La gamine (ma petite cousine) n'a rien compris, sa mère a cru que j'étais devenu fou. Elle en reparle encore et ne veut toujours pas croire que j'ignorais à qui je m'adressais en disant cela. Pas grave, tout ça. Parce que quand je suis seul, je me sens vraiment bien. Et ça fait quatre ans que je vis absolument seul. J'ai eu la chance de pouvoir - avec beaucoup de difficultés et quelques arrêts de travail pour dépression la dernière année - travailler jusqu'à 60 ans et obtenir une retraite correcte. Je vous souhaite la même chose. Tenez bon, après c'est que du bonheur! J'échange par e-mail avec ma famille. Pas besoin de voir les gens pour communiquer. En quelques phrases et quelques photos on s'est dit tout ce qui est important et on s'épargne d'écouter les choses que l'on dit juste pour meubler la conversation.
Vous dites, à propos du diagnostic : "J'aimerais que ça me serve pour pouvoir éviter les choses qu'on veut m'imposer au travail." Si ça peut vous servir à ça, alors allez-y, faites-vous diagnostiquer et dites au psy qu'il charge un peu la barque dans son rapport pour vous faire exempter d'un maximum de tâches. Sinon, je n'en vois pas trop l'intérêt. Comme je suis optimiste, j'ai toujours trouvé des solutions personnelles dans les moments difficiles. Les rares fois ou j'ai demandé de l'aide, c'était pire que tout.
On vous dit: "Tu es asocial". De moi, on a dit: "Philippe, c'est un vrai sauvage". Pourtant, j'ai réussi à me marier, à avoir des enfants et à vivre à peu près comme tout le monde pendant 33 ans, presque pas comme un sauvage pendant cette période. Le mariage m'a permis de me sociabiliser un temps, comme je l'ai expliqué à Rébecca dans un précédent post. Je ne sais pas si vous vivez en famille ni quel métier vous faites. J'ai essayé de vous donner mes recettes, mais les circonstances ne sont pas les mêmes pour vous, alors l'aide que je pourrais vous apporter a des limites.
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merci Philippe

le Lun 29 Fév - 10:24
Merci Philippe pour votre réponse et votre témoignage !

Votre témoignage me parle bien sûr car je me suis entièrement reconnu dans votre phobie pour s'exprimer en public et ....des groupes .

"sauvage" bien sûr que je l'ai entendu moi aussi :-)

Dans votre description je me reconnais , et peut-être même à un degré encore plus fort. (enfin je ne sais pas )
Il m'est arrivé quand j'étais au plus bas et dans un stress maxiumum  (2 ou 3 fois pas plus) d'essayer la stratégie alcool.
Comme j'ai vu que ça n'arrangeai rien ...j'ai abandonné ;-)

mon stress on peut dire avait quasiment disparu depuis quelques années car j'ai une vie trés routinière, mais à la suite de changement professionnels ineluctables ....c'est relancé.
et aussi car je suis marié et j'ai des enfants , le stress pour mes enfants .si je vois que l'un des deux a été ejecté du groupe (car c'est ce qui s'est passé recemment) , tout m'est retombé dessus.(mon passé , mon mal être ...)
Ensuite ce vécu m'a permis de prendre sur moi et de réagir rapîdement pour en parler à la directrice et ...de faire réagir ma femme elle aussi a agi.

J'ai pensé à l'asperger pour plusieurs raisons dont une que je n'évoquerai pas ici, la deuxième est que j'ai bien vu que mon cas "ne s'ameliore pas "......
Je n'ai toujours pas d'ami, j'ai peur du contact et de toute façon c'est un cercle vicieux.
Arrivé à 45 ans , dans ma petite vie qui tourne en rond, je ne me considere pas non plus interessant pour lier d'amitié avec qqun de mon age . pas de grande passion, pas de vécu (ni de service militaire, ni de vbeuveries ;-) , ni de conquetes feminines etc...), pas sportif etc...
Longtemps j'ai cherché un ami qui me ressemble mais ...jamais rencontré cette espece rare.

Le diagnostic pêut en effet être utile pour moi car on m'a déclaré il y a 1an et demi que je serai obligé de faire qqchose que j'ai refusé la dernière fois , mener une formation !

je m'en sens completement incapable ; pas envie de revivre sueurs froides, tremblement etc....

voilà même l'écrire me met mal à l'aise , ça ravive le passé , qui dans mon cas en tout cas, n'est pas de bons souvenirs.pas du tout !

Il ya aussi le coté financier du diagnostic qui me freinera . mais je suis un peu soulagé d'avoir mis un mot sur mon malaise du contact humain, du groupe, de ma non compréhension de comment se comporter face à un groupe etc....

Vous dites" que du bonheur" , pensez vous que votre attitude a mené votre séparation ?

moi aussi je rêve de vivre dans une maison au fond des bois ;-) j'avais flashé il y a 20 ans sur une maisonnette au fond des bois. heureusement l'entourage permet quand meme d'eviter de faire des betises !

Amicalement
Merci Philippe

Hervé

ps : le son est en effet un truc qui nous caractérise , car des bruits paraissant anodins nous vrillent les oreilles.
reps : les odeurs :recemment mon pere m'a raconté une anecdote étonnante : petit, je reconnaisais un vetement d'amis à son odeur corporelle , ce qui faisait que j'avais un panel d'une douzaines de personnes....je dosi avoir des genes canins !
au lycée je sentais un collegue comme ayant une odeur d''essence. je ne supporte pas les huiles essentielles etc...des anecdotes j'imagine que vous en avez tous de ce type !
rereps : ah les seances tehatres en cours de francais en 1ere ou en seconde, j'arrivai devant la classe et je baclais mon texte sans aucune intonation , style un robot et tout ça dans un mal etre pas possible !
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45 ans et ss doute autiste asperger

le Lun 29 Fév - 14:51
Bonjour Hervé,
Dans ma réponse à votre poste, je n'ai parlé que des symptômes que nous avons en commun, mais ce qui m'a le plus pourri la vie, ce sont des névroses dont une en particulier que je mentionne dans mon auto-diagnostic :
"Pendant longtemps, je ne supportais pas que l'on me regarde écrire. Quand je me sentais observé, ma main se crispait et je ne pouvais plus continuer à écrire à cause du stress. Signer un document, à la banque, par exemple, ou lors d'un achat, me causait de vraies angoisses par anticipation".
Il y a quelques années, je me suis porté caution pour la location d'une chambre d'étudiante pour ma fille. Le bailleur m'a demandé de recopier à la main un petit laïus comme quoi je m'engageais à... etc. etc. J'ai commencé à changer de couleur. En me tendant le stylo, il a ajouté "de votre belle écriture d'instituteur". J'ai commencé à écrire très lentement et très laborieusement, d'une écriture nerveuse, saccadée, étriquée, tremblée, affreuse. Ma fille et ma femme à côté comme témoins de mon malaise, pour augmenter ma gêne. C'était très long, très silencieux, très gênant pour tout le monde. A la fin, le bailleur s'est isolé dans une autre salle avec mes papiers d'identité et mon certificat professionnel, pour vérifier s'ils n'étaient pas bidouillés, je suppose, parce qu'il ne pouvait pas croire qu'un instituteur ait tant de mal à recopier un petit texte. J'aurais dû prétexter une douleur au poignet, quelque chose du genre, avec un grand sourire, pour le prévenir que le résultat ne serait pas à la hauteur de son attente, mais non, j'étais trop stressé pour jouer la comédie. En vous racontant ça, je me dis que ça n'a peut-être pas de rapport avec le S.A. Sauf sur un point : tous ces troubles de la personnalité obligent à relativiser, à réfléchir, à prendre du recul. C'est parfois très long, des dizaines d'années. Mais maintenant j'ai le sentiment d'avoir "grandi dans ma tête", grâce à cela. Un mal pour un bien. Je crois qu'on ne peut évoluer que comme ça, malheureusement,à travers des expériences plus ou moins traumatisantes. Les S.A. et autres éclopés de la vie ont souvent une vraie profondeur quand d'autres apparemment plus chanceux restent toute leur vie dans la superficialité. Je n'échangerais pas ma place contre la leur.
Evoluer pour mourir quelques années plus tard ? Bien sûr que non. Mais c'est une autre histoire.
A votre question: "Pensez-vous que votre attitude a motivé votre séparation?" je répondrai que mon besoin de solitude est devenu plus intense au moment de la retraite. J'avais besoin d'un calme absolu pour tenter de répondre à un tas de questions et mettre de l'ordre dans mes idées. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer à ma femme et à mes enfants. Je correspond toujours avec eux par mail. Il n'y a pas de fâcherie. L'idée, c'est que, peut-être, quand j'irai mieux... Mais non, ça fait déjà quatre ans, et c'est ici que je suis bien, dans mon studio d'un petit immeuble d'un quartier calme d'une petite ville de province très calme... Donc, pas de maison au fond des bois, c'est une mauvaise idée. On est catalogué, repéré comme asocial. Alors que là, c'est "bonjour, bonsoir", et personne n'a plus peur de ce voisin bien tranquille.
Depuis quelques semaines, je réussis à sortir un peu de ma bulle et à avoir de courtes conversations. Maintenant que mes réflexions ont bien avancé et que je ne ressens plus la même urgence à m'isoler complètement, je me re-socialise un peu, mine de rien. Mais ça n'ira pas très loin, je crois.
Amitiés à vous, Hervé
Philippe
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Lun 29 Fév - 16:08
Merci Philippe

En effet le coté "se miner la tête avec des choses insignifiantes pour d'autres".....je vois qu'on a des points en commun.

se faire des amis , à la limite je pourrai mais sur des choses hyper pointues, des discussions théoriques , des sujets intellectuels mais des discussions anodines ou personnelles pour moi c'est tres difficile, aussi pour des raisons de "non vécu".....mais aussi j'ai l'impression d'une intrusion dans ma sphere ....

En fait je me retrouve avec une info qui d'un coté m'aide en me disant (et oui je suis peut-etre asperger) mais d'un autre coté ne m'aide pas car sans diagnostic offciel on ne peut pas le dire ...

en sachant cela (asperger) , je comprends mieux pourquoi certains sujets qui me passionnent rencontrent un mur en face!
j'adore les details..

Votre témoignage est aussi un motif d'espoir pour moi car vous avez l'air d'etre bien dans votre peau
peut etre y aurait il possibilité de correspondre par email si ça ne vous derange pas .

cordialement
hervé

ps : evoluer pour moi n'est pas un enécessité , elle ne l'est que pour les autres .evoluer est simplement une source de stress sans nom

ps : je ne sais pas si c'est pareil pour vous , mais ma plus grande hantise ce sont les repas style mariage ou repas lors de formation où l'on est en face d'inconnus complets .
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45 ans et ss doute autiste asperger

le Lun 29 Fév - 23:29
Re-bonjour Hervé,
Mon témoignage vous rassure, parce que après une vie de galère j'ai l'air "bien dans ma peau", comme vous dites. Disons que je me sens bien dans mon refuge. Le syndrome d'Asperger, ce sont essentiellement des difficultés relationnelles. A partir du moment où je ne suis plus obligé d'avoir des relations contraignantes, professionnelles mais aussi familiales - les repas, les invitations, les anniversaires (ma femme est très fan de tous ces trucs-là, et moi ça me fatigue à un point !), sans parler des vacances - à partir du moment, donc, où je n'ai plus toutes ces obligations (merci la retraite et l'indépendance qu'elle me procure), alors je n'ai plus de vraies difficultés. Ma crainte, au début, était d'être regardé de travers par les voisins. Un type qui ne parle pas, qui ne sort que pour faire ses courses, c'est louche, ça fait un peu peur. Au bout de quatre ans, ils ont fini par s'habituer à ma présence, et comme je recommence à parler un peu, il me semble qu'ils sont tout à fait rassurés. Je ne sens plus de tension autour de moi. Voilà pour l'extérieur. Sinon, avec internet, la télé, les bouquins que je commande sur Amazon, ce qui m'évite d'avoir à faire les magasins où de toute façon je ne trouverais pas ce que je cherche - parce que ce que je cherche est très particulier, dans le domaine de la science ou de la spiritualité - donc, avec toutes ces facilités et toute cette liberté, je ne vois pas pourquoi je me plaindrais, non ?
Par contre, quarante ans de tensions psychologiques, ça use l'organisme, même sans faire d'excès (l'alcool, c'est pas mon truc et la cigarette non plus). Le coeur en a pris un coup, et les artères sont un peu raides. La tension est anormalement élevée. Le stress en continu, ça n'est pas bon pour la santé. Maintenant que je suis plus cool, j'essaie d'inverser la tendance en suivant un régime strict: pas de sel (pour diminuer la tension artérielle), pas de sucre (à titre préventif contre le diabète), des fruits, des légumes, des salades composées avec oméga 3 pour assouplir les parois des cellules et donc des artères. Pas sûr que cela suffise (j'ai le coeur bien fatigué), mais ça me plait d'essayer, et ça me tient bien occupé pour préparer et calculer tout ça: densité calorique, charge glycémique, équilibre acido-basique, équilibre dans les apports énergétiques... Encore une fois, merci internet où tout est expliqué. Suivre un régime aussi contraignant dans le cadre familial, c'était impossible. Donc, dans le domaine de la santé aussi je tire parti de mon indépendance et je n'embête personne avec mon régime. Elle est pas belle, la vie ? Et puis j'ai aussi quelques échanges, comme ici sur ce forum, et avec mes enfants (plus rarement ma femme) par e.mail. Je vois mon fils une fois ou deux par an, le temps d'un week-end, parce qu'il n'habite pas trop loin et qu'il vient seul. Si ma fille venait avec son mari et ses deux petits, je les aime beaucoup mais je risquerais de passer un mauvais week-end à cause de l'agitation. Comme vous, je préfère de loin les discussions en tête à tête.
S'il y a des "sujets hyper-pointus" qui vous intéressent, qui vous passionnent, il faudrait que vous en parliez un peu sur ce forum, sans craindre de "rencontrer un mur en face". C'est mieux que de garder tout pour soi. En général, une amitié nait autour d'une passion commune. Moi, j'ai posté quelques textes sur des sujets qui me passionnent. Je n'ai eu qu'une réponse, mais pas mal de visites. C'est déjà ça. Savoir qu'on est lu, même par des visiteurs "fantômes", c'est quand même satisfaisant quelque part.
O.K. pour un échange par e.mail, si vous savez comment faire pour avoir mon adresse.
A plus
Philippe
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Mer 6 Avr - 20:11
Bonsoir rv44,
Désolé de répondre aussi tard. J'ai été très occupée ces derniers temps, notamment au niveau professionnel.

Donc votre question est : que m'a apporté le diagnostic d'asperger?
Aujourd'hui, je dirais plutôt que mon diagnostic aide à mettre des mots sur mes difficultés, à décrire une partie de moi.
Pour ce qui est des aménagements professionnels ou scolaires, je n'ai abouti à rien. Tout ce que j'ai compris, c'est qu'en France, aucun "professionnel" (docteur, psychiatre, personnel de la MDPH...) n'est à même de m'aider, pour la simple raison que la plupart ont une image biaisée de l'autisme.
Tout comme Philippe, j'ai moi-aussi été à l'armée. J'ai eu beaucoup de difficultés, notamment d'ordre social. Pour la théorie, j'étais plutôt bonne mais pour ce qui est de la pratique, j'ai galérée à compenser. Mon principal obstacle était ma manière de percevoir les choses (sensoriel et logique), de les expliquer ou de les faire comprendre à mes collègues. C'est suite à l'armée que j'ai reçu un diagnostic. Ils ne comprenaient pas. Ils me croyaient "simplette".
Donc ils m'ont considéré inapte au service.
Par la suite, j'ai été déclarée "autiste de haut niveau, probablement asperger" par les psychiatres militaires, après qu'ils m'aient premièrement diagnostiquée "dyspraxique". Puis j'ai passé des tests et des entretiens dans le civil, et j'ai reçu un double diagnostic, asperger et haut potentiel (on dit aussi "surdoué", mais je n'aime pas ce terme).
J'admets que les bilans passés à l'armée m'ont beaucoup aidé pour avoir un diagnostic. Maintenant, pour être recruté dans l'armée, on passe des tests trés poussés, de même que quand on voit leur psychiatres. Donc, j'avais pas mal de choses en main pour les professionnels dans le civil...

Le plus difficile pour moi, au début, a été d'accepter ces "étiquettes". J'avais une trés mauvaise image des autistes, des aspergers. Je les voyais comme des assistés, des attardés mentaux. Pour moi, ça voulait dire que tout était foutu. En plus qu'on me disait que je pouvais me déclarer handicapée.
Puis aprés, quand je voyais que les stages ou les boulots auxquels je postulais, les gens voulaient me virer, je pensais que j'étais bien nulle. J'étais l'handicapée incompétente. Delà, j'ai demandé à la MDPH mais je n'ai reçu aucune aide de leur part.
Puis j'ai repris mes études. J'ai obtenu des aménagements. Au début, ça aide mais aprés, ça aide juste à se laisser aller.
A cette époque (qui a duré deux ans), mes relations aux autres, qui n'étaient pas trés bonnes, se dégradaient. Je me disputais beaucoup avec les gens de ma famille. C'était un signe qu'ils essayaient de m'aider, de me pousser à faire les choses, comme avant. Mais je leur disais toujours que j'étais une bonne à rien, que j'étais nulle.

Puis j'ai trouvé une formation pour être enseignant dans les pays en voie de développement. Et là, le fait de rencontrer d'autres personnes de pays et de culture différente a changé ma façon de voir les choses. J'ai appris à m'aimer un peu plus, à m'ouvrir aux autres. Du coup, progressivement, j'ai appris à accepter ce diagnostic.
Pour moi, être asperger ou HP, c'est une partie de moi. Mais ce n'est pas tout ce qui me décrit. C'est comme être blond ou brun, sauf que ça décrit un type particulier de fonctionnement cérébral.
Si vous me demandiez la différence entre une personne "normale" (qu'est-ce qu'être normal, d'ailleurs?) et une personne asperger, je vous dirais que c'est la même différence qu'entre un PC tournant sous Windows et un PC tournant sous Linux.

Bon, en espérant avoir répondu à votre question...

Rebecca
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et ça continue encore et encore

le Ven 27 Mai - 12:12
Je ne sais pas si quelqu'un va me lire ...

Dans ma vie professionnelle, il y a des choses qui me stressent à un point insupportable : des réunions par exemple où il va y avoir un tour de table et où je vais devoir me présenter .
un nouveau collegue.
une nouvelle attribution.

Je voudrais etre TOUT LE TEMPS dans le train train .

Tout me stresse , tout ce qui bouge dans un bien être relatif .

un petit bruit continuel (j'avais un pb de ventilation)
un parfum ( ma collegue s'etait mis en tete de mettre en place un diffuseur d hulle s essentielles : ça LA PAS FAIT ! je suis agressée PHYSQIUEMENT par les parfums )

BREF je suis dans un stresse qui peut toujour srejaillir dès qu'un grain de sable (ou autre) se met dans mon engrenage.

Suite à des reponses de questionnaire , je note aussi que je reponds a un autre critere d'asperger qui tient une grande place dans ma vie et que je naborderai pas ici . en MP a la limite .

BREF MA VIE EST STRESSANTE !!!!!!!!!!!!!!
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Lun 30 Mai - 13:49
Ah enfin des nouvelles... Ca fait longtemps! Very Happy

Oui, tout à fait d'accord. Le moindre changement, le moindre détail peut devenir pire qu'un aspirateur à énergie. Un stress.
Quand on a un entourage tolérant, ouvert d'esprit, en 5 minutes, ça va mieux. Tout rentre dans l'ordre. Enfin, presque... Il y a toujours ce "petit truc". Mais c'est gérable.
Autre scénario, un entourage pas tolérant ou qui ne fait que mine de l'être. Le petit truc qui dérange et qui est déjà gros, devient gigantesque, ubuesque. Sa grosseur devient même proportionnelle à la moquerie ou la manière dédaigneuse de réagir de l'interlocuteur. Et là, d'ingérable ça devient angoissant, étouffant. On en suffoque de stress.

Tu ressens ce genre de chose aussi?

Il y a des gens asperger que je connais, ça les empêche de manger. Ils somatisent. Moi aussi, quand c'est trop, je somatise. Il faut que ça dure plusieurs jours pour que ça arrive.
Ou pour pas me laisser envahir, je m'isole dans ma bulle mentale. Si ça atteint le degré supérieur, il faut que l'isolement soit physique.
Beaucoup de mes amis aspergers sont comme ça.
Et un truc qui empire ou améliore les choses : la perception de l'entourage. Ils peuvent même aller jusqu'à juger de tes capacités mentales/intellectuelles.

Si tu veux parler d'autres trucs en MP, pas de problèmes. Wink
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

le Lun 30 Mai - 14:50
Merci Rebecca pour votre réponse chaleureuse .
oui je ne passais plus beaucoup ici car malheureusement le forum me semble peu actif ?

tout ce que vous me décrivez me parle oui . c'est exactement cela . tout peut partir à l'exponentiel avec moi .
un grain de sable et c'est hiroshima dans ma tête jusqu'à l'obsessionel .
moi aussi je somatise bien sur niveau ...insomnies. niveau digestif ...bonjour la poésie . et niveau aussi delire obsessionel .
moi aussi ça peut etre aussi impossibilité de manger (pourtant je suis porté sur la nourriture)

c'est dingue . je ne l'analyse que maintenant et a la limite ça me rassure un peu de me dire "je suis autiste" ......

je serai ravi de discuter avec toi car dans ma vie je n'ai aucun point d'appui pour discuter de ce genre de choses.
tout le monde s'en fout de mes etats d'ame !
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Re: 45ans et ss doute autiste asperger

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