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Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Mar 26 Jan - 12:45
Bonjour, je suis un vieil aspi récemment auto-diagnostiqué, mais il y a peu de chances que je me sois trompé. Je suis simplement étonné, lorsque je parcours ce forum et d'autres sites consacrés au syndrome d'Asperger, de ne jamais entendre parler de l'existence de personnes âgées affectées par ce handicap. D'accord, je suis à la retraite et peut-être que le plus dur est fait (je veux parler de mes années d'activité) mais la difficulté demeure. Je serais intéressé par un échange par mail (je ne communique que comme ça) de préférence avec des gens de ma génération, mais pas seulement, pour me sortir un peu de mon isolement, parce que communiquer avec les gens normaux, je n'y arrive plus. Amitiés à tous. Philippe
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Dim 7 Fév - 9:47
Bonjour Philippe,

Je réponds peut-être un peu tard mais...
Logiquement, je ne vois pas pourquoi il n'y aurait pas d'aspis de 60 ans et plus ! Smile

Moi aussi je suis aspie. J'ai 26 ans. Et quand j'en aurai 60 et plus, je serai toujours aspie. Pourquoi serait-ce différent?
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aspi de 66 ans

le Dim 7 Fév - 13:11
Rébecca, ce que vous dites est juste; il n'y a pas de raison que le S.A. disparaisse avec l'âge. En fait, ma question était un peu provocatrice. Je m'étonnais du mutisme des gens de ma génération. En toute logique, il existe un certain nombre de personnes âgées qui sont concernées, mais on ne les entend pas, comme s'ils n'existaient pas (d'où ma question). Et par ailleurs les professionnels qui s'intéressent à cette question se concentrent presque uniquement sur le cas des S. A. jeunes. C'est évident que la demande d'aide est beaucoup plus forte chez les jeunes et leur famille, donc je comprends. Mais, en même temps, on ne peut pas connaître un phénomène sans l'explorer dans sa totalité. Je pense que le témoignage des aspis de plus de 60 ans est nécessaire.
En tout cas, merci Rebecca pour votre réponse. C'est la première fois qu'on répond à l'un de mes messages, et j'apprécie.
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Quelques hypothèses...

le Mar 9 Fév - 13:12
C'est vrai qu'on évoque trés peu les personnes âgées "aspis" ou dans certain livres, c'est quasi inexistant. En tout cas, le peu que j'ai lu là-dessus m'apparait trés "stéréotypé"...

Mais j'ai quelques hypothèses pour expliquer la quasi absence d'évocation des "aspi-grandpas" et 'aspi-grannies" (désolé, je m'amuse avec les mots, d'autant plus que l'anglais est maintenant ma première langue...).
- Certains d'entre-eux ont mené une vie "normale", on fondé une famille et ont eu -ou ont toujours- une vie bien remplie. Ils ont appris avec l'expérience comment vivre en société et passent quasiment inaperçus. Donc, ils considèrent que les obstacles qu'ils ont surmontés font et feront toujours partie de leur vie, que c'est normal pour eux. Donc, ils se demandent à quoi cela rimerait d'avoir un diagnostic...
- Certains se servent ou se sont servis de leur particularité pour s'exprimer ou apprendre de nouvelles choses. Ils se servent de leur talent pour socialiser, pour gagner leur vie. Comme la plupart des gens ne connaissaient pas le SA pendant une grande partie de leur vie, ils pensaient juste que ces personnes étaient "excentriques", que c'était dans leur trait de caractère. Aujourd'hui encore, leur entourage proche le pense. Donc, ces personnes âgées ne voient pas l'intérêt d'un diagnostic, pensant leur personne pourrait être réduite à un handicap, une déficience.
- Pour les mêmes raisons évoquées précedement, avoir un diagnostic pourrait pousser les proches de la personne âgée à "couper les ponts" avec elle. Ces proches n'accepterait pas que tout d'un coup, "Papi" ou "Mami", qui est réputé pour son caractère, ses humeurs, ses hobbies voire ses spécificités mais "qu'on aime bien quand même" soit réduite à un diagnostic qui le ou la déshumanise. Donc, certaines personnes âgées ne veulent pas recevoir de diagnostic par peur de perdre leur famille ou leurs amis.
- Ces dernières années, beaucoup d'adultes entre 20 et 50 ans qui ont traversés des moments difficiles se font diagnostiquer sur le tard. C'est pour cela qu'on parle plus d'eux.

Enfin, voilà mes hypothèses...
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aspi de 66ans

le Mar 9 Fév - 14:18
Je crois aussi que les choses se passent comme vous dites, la plupart du temps. Et c'est très intéressant que vous évoquiez les "grandpas" et "grannies", parce que c'est précisément au moment où je suis devenu papi pour la première fois que j'ai commencé à me sentir vraiment mal dans ma famille et que j'ai fui, pour me réfugier dans un studio, loin du domicile conjugal. J'ai clairement formulé que je ne pouvais pas assumer le rôle de papi, avec tous ses stéréotypes. Je ne voulais pas m'emprisonner dans ce rôle. J'ai été un papa tout à fait investi, pendant une trentaine d'années, mais là, c'était trop me demander. Je crois que j'ai payé d'un seul coup tous les efforts et tout le stress accumulés pendant toutes ces années, tant dans ma vie familiale que professionnelle. Efforts payants, puisque j'ai toujours réussi à faire croire que tout allait bien, à part quelques petits accidents dépressifs assez communs. Mes difficultés sont à peu près "passées inaperçues", comme vous dites, et je n'arrivais pas moi-même à leur trouver une cause. La solitude a été un vrai soulagement. J'ai commencé à soupçonner le S.A. en voyant certains témoignages d'aspies en vidéo, en lisant un livre de Tony Attwood, puis d'autres documents sur le sujet. J'ai fait un test, listé les symptômes les plus couramment cités, et je me suis retrouvé là-dedans à 80%. Cela m'a soulagé de pouvoir écrire à mes enfants : voilà, c'est cela dont je souffre. Ce n'est pas parce que je ne vous aime pas que je je vous ai quitté. C'était une sorte de "coming out". Ils ont accepté cette explication. De toute façon, je n'en ai pas d'autre pour expliquer que, après bientôt quatre ans de vie solitaire, sans contact avec mes voisins ou juste un mot par-ci par-là, je continue à aimer ma solitude. Je n'ai maintenu que des échanges par mail, parce que l'écriture me laisse le temps d'organiser mes idées. Donc, j'aime écrire, et j'aime correspondre de cette façon. Donc, merci à vous de m'en donner l'occasion.
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Mar 9 Fév - 16:33
Pour ma part, je n'en suis pas encore là. Cependant, comme n'importe qui, j'aspire à trouver "la bonne moitié" avec qui je ferai ma vie et fonderai une famille. En même temps, rien que de penser à ma vie sexuelle m'angoisse...
Eh oui, aprés avoir passé des années à chercher un semblant de "normalité", il se passe une cassure. J'ai l'impression que c'est ce que vivent la plupart des aspergers diagnostiqués sur le tard. Non pas que je regrette de l'avoir su qu'une fois adulte, loin de là...

La cassure s'est produite aprés une vie professionnelle chaotique. Métaphoriquement parlant, je naviguais tant bien que mal dans les eaux troubles (marrant, j'étais dans la Marine Nationale à ce moment-là) jusqu'au moment où... CRAC... j'ai heurté un rocher. Ou du moins, une montagne. J'avais 23 ans.

Je n'avais pas compris pourquoi ces gens me qualifiaient de personne "instable".
Je n'avais pas compris pourquoi ils accordaient tant d'importance aux pauses café et aux petites conversations banales.
Je n'avais pas compris pourquoi les gens ne comprenaient pas mon temps d'avance par rapport à eux pour observer et percevoir mon environnement. Je voulais juste les aider.
Je n'avais pas compris pourquoi le médecin militaire a qualifié mon comportement d'autistique.
Je n'avais pas compris pourquoi le psychiatre de la base militaire m'avait "traité d'asperger".

Puis, croyant que ces gens avaient tort, j'ai cherché un diagnostic de spécialistes dans le civil. Je voulais leur clouer le bec, leur dire que je n'étais pas autiste. Et, en voyant les résultats, j'ai déchanté.
Le 22 juin 2012, le psychiatre me dit que je suis asperger et HQI. Mais qu'il ne faut pas que je pleure parce que ma vie n'est pas fichue.
Le 01 septembre 2012, je quitte l'armée parce qu'ils estime que je suis bonne pour aucune autre specialité. Tout ça parce qu'ils me disent "autiste".

Puis j'ai eu un "burn out" social pendant deux ans. Hors université (j'avais repris mes études), ma vie sociale rimait avec internet et fora. Je vivais chez ma mère mais les conflits étaient quotidiens...

Maintenant, j'accepte qu'asperger fasse partie de ma vie. C'est juste une part de moi, qui explique certains aspects de ma personnalité.
Aujourd'hui, je suis prof pour une association qui oeuvre pour les pays en voie de dévelopment et je plus perçue comme "l'originale" ou "l'excentrique" pour mes méthodes d'enseignement et ma façon de résoudre les problèmes, mes conversations...
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Mar 9 Fév - 18:22
Pas étonnant : L'armée, c'est un des environnements les plus rigides, du point de la mentalité. Et dans un sens, c'est normal : l'esprit de corps, c'est essentiel pour réussir le genre de missions que l'on confie aux militaires. Mais ça ne convient pas à tout le monde. Perso, je me suis fait des copains parmi les appelés, pendant mon service militaire, parce que nous venions d'un peu partout et de tous les milieux socio-culturels; c'était le grand brassage. Dans ces conditions, on trouve toujours plus original que soi. Mais, sauf exceptions, les militaires de carrière nous tenaient à distance, et réciproquement. Les ONG, l'enseignement, ça doit vous convenir beaucoup mieux. Je connais des gens qui nous envient pour notre originalité et notre facilité à suivre des études, enfin tant que ça reste théorique. Parce que dès qu'il s'agit de passer à la pratique... Je parle pour moi, mais je crois partager cette difficulté avec pas mal de monde ici. Donc, l'enseignement, pour moi aussi c'était une libération après la poste et les travaux publics. On y cultive la tolérance à l'égard des différences. D'ailleurs, pendant ma formation au métier d'instit (prof des écoles) ils n'ont jamais soupçonné mes difficultés. C'est après que j'ai eu plus de mal, comme d'habitude. Mais bon, c'est passé, et les enfants n'ont pas été traumatisés de m'avoir comme prof. D'ailleurs, j'ai souvent changé d'établissement pour leur permettre de connaître d'autres enseignants. J'ai au moins cette capacité de ne pas avoir peur des changements, contrairement à beaucoup d'aspies, je crois. Mais si les collègues ont été compréhensifs, le système "Education Nationale" est, lui, très rigide. Bref, il a fallu que je m'accroche pour ne pas jeter l'éponge avant la fin et pouvoir ainsi profiter d'une retraite correcte.
Pour ce qui est de la vie sexuelle, ce n'est pas ce qui m'a décidé à chercher ma moitié, mais bien l'envie de fonder une famille et la recherche d'une stabilité sociale. Et pour ça, le mariage, c'est parfait. Ma femme étant plus sociable que moi, c'est elle qui a attiré les amis et les connaissances. Et aussi les enfants qui nous mettent naturellement en contact avec les parents de leurs copains et copines, jusqu'à l'adolescence et même après. Bizarrement, je suis un solitaire qui a aimé fréquenter d'autres personnes, enfin dans ce cadre-là où je ne suis plus moi mais le père de Laurène et Fabien et le mari de Layla. Quant à la sexualité stricto sensu (si j'ose dire !), je suis plutôt content d'être débarrassé de cet esclavage (le mot est de Michel Galabru) qui oblige à pas mal de compromissions. N'étant pas tenté là où je suis actuellement, ça ne manque pas du tout.
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Jeu 11 Fév - 10:29
Ce que vous dites sur la vie de couple et la sexualité me rassurent. Mais à part les personnes âgées, il manque des témoignages sur la vie de couple et la sexualité chez les asperger. Ou le peu qu'il y a, c'est toujours la même situation : c'est l'homme qui est asperger et la femme qui est neurotypique. Qu'est-ce qui se passe quand c'est l'inverse?
Ou c'est trop stéréotypé. Le mari asperger est dur à supporter. Il ne montre pas suffisemment son affection ou sa tendresse... Je suis sûr qu'il y a d'autres choses, ou des choses carrément différentes.

Au fait, vous avez enseigné quelle matière? A quel niveau?
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La sexualité chez les aspis

le Jeu 11 Fév - 16:18
Oui, et ce serait intéressant de lancer une nouvelle discussion sur ce sujet. Il y pourrait y avoir des retours d'expérience de nature à repérer des régularités dans les comportements. Mais je crois quand même que, dans ce domaine plus que dans tout autre, les traits de caractère propres à la personne jouent un rôle majeur au point qu'il doit être difficile (mais pas impossible ?) de savoir ce qui relève du handicap. Je crois que c'est vous d'ailleurs qui, répondant à Isabelle56 sur un autre sujet, aviez évoqué cette importance de la personnalité à prendre en compte afin de ne pas toujours tout renvoyer à un problème de S.A. Déjà, mélanger sexe et sentiments n'est pas forcément pertinent. Le sexe agit comme un conditionnement primaire très puissant qui oblige à chercher à tout prix un ou une partenaire, souvent sans discernement, car il y a urgence. Le besoin d'aimer et d'être aimé est tout aussi puissant et fondamental mais ne se situe pas au même niveau. Il concerne le corps émotionnel, alors que le sexe se limite essentiellement au ressenti physique. Cette distinction entre corps physique et corps émotionnel (mais aussi corps mental, corps spirituel), n'est pas de moi. Mais je la trouve bien utile pour essayer d'y voir un peu plus clair dans notre comportement. Selon cette théorie, tous ces corps sont en relation étroite les uns avec les autres pour former l'unité que nous sommes, et il n'est pas toujours facile de faire la distinction. Une personne équilibrée devrait pouvoir faire la synthèse de ses désirs, satisfaire en même temps les besoins du physique et de l'émotionnel. J'ai tendance à penser que les aspis (aspies ?) sont, plus que d'autres, focalisés sur le troisième niveau de notre personnalité, le corps mental. Et comme on ne peut pas ignorer les besoins du niveau physique, besoins liés au cycle hormonal, c'est le niveau émotionnel qui est sacrifié dans cette histoire. D'où la réputation de froideur émotionnelle des S.A.
Par ailleurs, je remarque que chez les neurotypiques, la focalisation est, pour les hommes très souvent centrée sur le physique et, pour les femmes, davantage sur l'émotionnel. Il y a souvent une incompréhension dans les couples N.T. à cause de cela. Donc, pour en revenir à notre sujet, une femme S.A. hétéro aura plus de chances de tomber sur un partenaire physiquement centré, et l'aspect émotionnel de la relation risque de passer à la trappe.
Savoir cela est sans doute utile, mais il ne faudrait pas y attacher trop d'importance car la vie est imprévisible et se plaît à déjouer tous nos calculs (j'ai aussi une théorie sur cette question, mais ça ferait trop pour un seul post). Le mieux, dans tous les cas, est de rencontrer des personnes où les trois corps, le physique, l'émotionnel et le mental, fonctionnent en harmonie.
Ma carrière d'enseignant a commencé à quarante ans par une formation de 2 ans dans une E.N.I., école normale d'instituteurs. Juste après, il y a eu la mise en place des I.U.F.M., instituts universitaires de formation des maîtres, recrutement niveau bac + 3., et création du statut de professeur des écoles. J'ai donc enseigné pendant quinze ans en école élémentaire, et les trois dernières années dans l'enseignement spécialisé suite à une dépression. La dépression est monnaie courante chez les profs, donc je ne me suis pas senti vraiment différent des autres à cette occasion, et l'administration est habituée à gérer ces problèmes. Avant cet épisode douloureux, j'avais essayé d'intégrer l'enseignement secondaire en préparant une licence d'espagnol L.L.C.E. à distance, suivie par une année de maîtrise (actuellement master I) en présentiel, grâce à un congé de formation de neuf mois. Pas de souci pour la maîtrise, mais échec à mon concours du CAPET (enseignement technique spécialité français et espagnol). Du coup, j'ai dû continuer à enseigner en primaire, ce qui ne m'amusait déjà plus beaucoup.
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Enfin un Aspie Senior!!

le Dim 18 Mar - 16:49
Nous sommes de la même génération et c'est ce qui m'incite à vous écrire.

Peu de gens de nos âges ont eu le diagnostic d'Asperger,
ils ont tente comme tout le monde de vivre avec leurs difficultés et leurs particularités qu'on a souvent considérées comme excentriques ou franchement pathologiques (certains se sont retrouvés en hôpital parfois sur de très nombreuses années,avec des diagnostics de psychoses, de dépression chroniques, d'anxiété généralisée ect...)d'autres se sont coulés plus ou moins bien dans des moules d'apparente normalité.

J'ai vécu une enfance et une adolescence très marquées par le syndrome d'Asperger dans un milieu démuni où la question d'une aide ou d'un soin ne se posait même pas, c'était aussi les années cinquantes où tout était apparemment possible  de façon individuelle, c'est ce que j'ai toujours gardé en tête et suis devenue médecin parce que je ne me suis jamais posé la question de ce qui était pour moi possible ou non, . j'ai visé une connaissance et non pas un métier.

J'ai rencontré d'importantes difficultés  et j'ai compris la réalité de mon diagnostic quand mon propre fils a présenté quelque chose qui ressemblait à des phobies sociales massives mais qui s'avère aujourd'hui être un Asperger, il est en attente d'un diagnostic par un CRA, (on lui a dit qu'il fallait compter 4 ans d'attente!!!).

Et moi qui avait trouvé une parfaite position "caméléon", tout m'est revenu en mémoire, avec une colère contre une société trop normative, rejetante.

Je ne peux pas dire que je vis vraiment mal aujourd'hui mais j'ai l'impression d'avoir des pans de vie rappréciés pour que tout tienne et je crains fort pour mon propre fils qui lui se retrouve avec des angoisses paralysantes et incapable de parvenir à une autonomie dans de nombreux domaines, notamment économique et affectif.

Voilà ce que j'ai à dire aujourd'hui,
je souhaite vivement pouvoir échanger avec des gens qui ont un peu ce vécu.
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NOEMI ASPIE SENIOR

le Lun 19 Mar - 15:53
Bonjour,

Merci à vous, de nous « autoriser » par votre post sur le forum général (ASPIE SENIOR), à faire votre connaissance.


Vous répondez à Philippe qui posait la question (volontairement provocatrice) « Peut-on être Aspie à 66 ans et vous répondez:
« Nous sommes de la même génération et c'est ce qui m'incite à vous écrire. »

Je suis fort aise de constater que ses messages et son âge ont réussi à vous inciter à écrire, là où je n’ai su, par mes apostrophes ( certes excentriques ou franchement pathologiques) des 7/02, 27/02 et 12/03, qu’a obtenir votre silencieux mépris.


Très marqué par des TED, à une époque où : (chez ces gens la on compte... (J.brel) …….« la question d’un soin ne se posait même pas » et compensant ces deux handicaps par une « précocité » (diagnoctic de THQI) , j’ai avancé à tâtons en trébuchant sur la route obscure de la vie ; j’ai tenté de front deux cursus universitaires, sans savoir réellement où ils me conduiraient « socialement parlant ».

Sachez donc combien j’admire, pour une aspie, votre maturité de l’époque, quand vous dites : « j'ai visé une connaissance et non pas un métier. »

Par contre, acceptant l’hypothèse qu’en réponse à chaque situation nécessitant l’action, il n’existe que trois formules qui se résument, par le combat, par la fuite, ou par la soumission, je n’adhère pas à l’amalgame que vous faîtes semble-t-il de la position du caméléon avec la soumission.

Le seul médecin, chirurgien, que j’ai eu à croiser, (qui n’a jamais fait son ‘coming-out de TED) caméléon non soumis, a été prix nobel, non reconnu après intervention de la nomenklatura Française en Suède….. Ce qui me fait partager avec vous « une colère contre une société trop normative, rejetante. » ( Nous sommes bien d’accord, qu’il s’agit d’une colère froide, non spontanée et non conséquente d’une récente et éruptive émotion ???? )

Pourquoi je ça?? Parce que caméléon, ça ne veut pas dire s'éteindre, se cacher, se renier dans ses spécificités". Nous sommes des MUTANTS.

Si votre « vif souhait d’échange » ne pouvait me concerner, je le comprendrai aisément puisque je n’ai que 65 ans, mais s’il vous plait, faîtes moi la grâce de me répondre, dus ai-je cher docteur, vous lire et relire votre commentaire comme une ordonnance, afin que mes délires cessent le plus rapidement possible. A ce sujet, je puis vous rassurer, si comme beaucoup de TED, j’ai été longtemps schizophrène, maintenant nous allons nettement mieux.

Amitiés

Max
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d'un caméléon à un mutant

le Lun 19 Mar - 23:49
Cher Max

Comment pourrais-je ne pas réagir à vos propos? Ils ne manquent pas de me provoquer, mais je ne reprendrai pas chaque point.

Je n'ai pas répondu à vos précédentes sollicitations parce qu'elles ne semblaient pas correspondre à mes préoccupations du moment,et que je dispose de peu de temps.

Je veux revenir sur  l'histoire du comportement caméléon, bien décrit chez les femmes asperger, qui consiste à parvenir à donner le change dans un monde de neurotypiques dont nous ne pouvons nous extraire, pour y puiser ce dont nous pouvons avoir besoin à un certain moment, sans pour autant oublier ce que nous sommes.
L'apparence n'est pas l'être.

Qui parle de comportement de soumission?

Je n'adhère pas à la notion de "mutant", je pense que des types humains différents sur le plan du fonctionnement cérébral et neurologique se sont, sans doute ,de tout temps cotoyés et complétés (dans le sens d'une complémentarité). Les Aspergers ont aujourd'hui la charge de se définir en passant par une reconnaissance mutuelle, et peut être la mise en commun de leurs capacités reposant sur une forme de sensibilité et d'approche de la vie spécifiques.
J'ai entendu les propos de jeunes aspergers, il serait bon qu'ils prennent conscience des énormes possibilités de faire entendre de nouvelles attentes sociales, différentes de celles qui jusqu'ici ont été pronées.
Les plus agés(les seniors comme nous) auraient certainement beaucoup à dire, s'ils ne se sont pas éteints , pour reprendre votre expression.C'est la raison pour laquelle je cherche à les contacter.

Voilà , je m'en tiens là pour ce soir,

Je rejoins mes chats qui dorment déjà.

Je vous souhaite une bonne soirée.

Amitiés.
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ça vous gratouille ou ça vous chatouille, disait le docteur

le Mar 20 Mar - 19:44
ça vous gratouille ou ça vous chatouille

Chère Noémi

Ce forum est lu quotidiennement par une cinquantaine de visiteurs anonymes non inscrits qui ne participent pas à la vie du forum et dont nous ne savons rien des attentes et des motivations.

Le 7 février 2018 j’ai posté au nom des membres du forum (je ne parle de moi à la première personne du pluriel), un mot de bienvenue à l’attention des 3 derniers inscrits (dont vous faisiez partie), les invitant à se présenter: « Vos inscriptions nous laissent espérer un renouveau dans l'animation de ce forum, qui nous permet souvent (ne serait-ce que par analogie de situation) de nous sentir moins seul. Dans l'attente de vous lire ……………..Bienvenue »


- J’ai pris bonne note que cette invitation ne correspondait pas à vos préoccupations.

- C’était aussi le cas pour les deux autres personne ; la première voulait se servir du forum pour accrocher ses futures victimes dans le cadre d’une escroquerie au faux prêts d’argent; la deuxième étudiante en psycho à Toulouse, tentait de nous faire remplir à sa place d’un questionnaire objet de ses devoirs à la fac .
Vous m’excuserez donc de ne pas avoir envisagé (naïveté de TED) qu’on puisse vouloir se servir du forum comme d’un « club de rencontre ».


Bien sur, il ne m’avait pas échappé que votre post faisait écho et réponse à un message déposé le 11/02/2016 , c’est dire vieux de 2 ans, et portant sur sa sexualité et les rapports sexuel mixtes c a d pouvant exister entre une aspie et un neurotypique.
Se faire « relancer » 2 ans après, c’est flatteur pour ce monsieur.


J’avais eu la délicatesse me semble-t-il de ne pas soulever, préciser, mettre en exergue cet aspect particulier de votre intervention.

Est-ce pour justifier, vous être fait poisser dans cette situation que vous associez les autres femmes asperger à votre cas , en alternant le « elles et le nous », en affirmant ensuite: les Femmes asperger donnent le change dans un monde de neurotypiques dont elles ne peuvent s’extraire, pour y puiser ce dont elles ont peuvent avoir besoin à un certain moment.

Mais de quoi parlez vous ? les femmes asperger auraient un besoin particulier qu’elle ne pourraient assouvir que dans un monde de neurotypiques duquel elle ne peuvent s’extraire ???

Mais je ne parlais pas de ce type de soumission !!!!!… ; d’ailleurs le cas échéant….. Ça s’appellerait plutôt de la dépendance …..non ?




Pour ce qui du terme « Mutant :
Aujourd’hui après que la recherche ait identifiée près de 300 mutations qui seraient directement impliquées dans le syndrome autistique allant de l’autisme profond au syndrome d’asperger la communauté scientifique s’accorde et reconnaît que s’il y a une dimension acquise dans les troubles autistiques, mais elle n’en est effectivement pas la cause. En restant dans le domaine purement scientifique, excluant tous délires ésotériques ou rapprochement avec des séries cinématographiques de science fiction (que vous m’avez permis de découvrir, pour pouvoir vous répondre), nous sommes peu ou prou des « mutants ». On verra si ça se transmet.
Amicalement

Max
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

le Mar 20 Mar - 22:02
Maxime Lacaze a écrit:ça vous gratouille ou ça vous chatouille

Chère Noémi

Ce  forum est lu  quotidiennement par une cinquantaine de visiteurs anonymes non inscrits qui ne participent pas à la vie du forum et dont nous ne savons rien des attentes et des motivations.

Le 7 février 2018  j’ai posté au nom des membres du forum (je ne parle de moi à la première personne du pluriel), un mot de bienvenue à l’attention des 3 derniers inscrits (dont vous faisiez partie), les invitant à se présenter: « Vos inscriptions nous laissent espérer un renouveau dans l'animation de ce forum, qui nous permet souvent (ne serait-ce que par analogie de situation) de nous sentir moins seul.  Dans l'attente de vous lire ……………..Bienvenue »


- J’ai pris bonne note que cette invitation ne correspondait pas à vos préoccupations.

- C’était aussi le cas pour les deux autres personne ;  la première voulait se servir du forum pour accrocher ses futures victimes dans le cadre d’une escroquerie au faux prêts d’argent;  la deuxième étudiante en psycho à Toulouse, tentait  de nous faire remplir à sa place d’un questionnaire objet de ses devoirs à la fac .
Vous m’excuserez donc de ne pas avoir envisagé (naïveté de TED) qu’on puisse  vouloir se servir du forum comme d’un « club de rencontre ».


Bien sur, il ne m’avait pas échappé que votre post faisait écho et réponse à un message déposé le 11/02/2016 , c’est dire vieux de 2 ans, et portant sur la sexualité de son auteur et les rapports sexuel mixtes  c a d  pouvant exister entre une aspie et un neurotypique.
Se faire « relancer » 2 ans après, c’est flatteur pour ce monsieur.


J’avais eu la délicatesse me semble-t-il de ne pas soulever, préciser, mettre en exergue cet aspect particulier de votre intervention.

Est-ce pour justifier,   vous être fait poisser dans cette situation que vous associez les autres femmes asperger à votre cas , en alternant le « elles et le nous », en affirmant ensuite: les Femmes asperger donnent le change dans un monde de neurotypiques dont elles ne peuvent s’extraire, pour y puiser ce dont elles ont peuvent avoir besoin à un certain moment.

Mais de quoi parlez vous ? les femmes asperger auraient un besoin particulier qu’elle ne pourraient assouvir que dans un monde de neurotypiques duquel elle ne peuvent s’extraire ???

Mais je ne parlais pas de ce type de soumission !!!!!… ; d’ailleurs le cas échéant….. Ça s’appellerait plutôt de la dépendance …..non ?




Pour ce qui du terme « Mutant :
Aujourd’hui après que la recherche ait  identifiée près de 300 mutations qui seraient directement  impliquées dans le syndrome autistique allant de l’autisme profond au syndrome d’asperger la communauté scientifique s’accorde et reconnaît que s’il y a une dimension acquise dans les troubles autistiques, elle n’en est effectivement  pas la cause. En restant dans le domaine purement scientifique, excluant tous délires ésotériques ou rapprochement avec des séries cinématographiques de science fiction , nous sommes peu ou prou des « mutants ». On verra si ça se transmet.
Amicalement

Max
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Re: Un aspi de 66 ans, c'est possible ?

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