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Se découvrir aperger...

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1 Se découvrir aperger... le Ven 14 Aoû - 8:28

Bonjour,

J'ai 24 ans, et le hasard d'internet m'a amenée hier soir sur la page wikipedia concernant le syndrome d'asperger, sur un "mais c'est quoi, au juste?"
Réponse de l'encyclopédie en résumé : "c'est ce que tu es, ma fille". Aïe.

De cet article (seule source d'information que j'ai consultée pour l'instant), voici les "symptomes" dans lesquelles je me reconnais :
(je ne vous en voudrai pas si vous ne lisez pas, c'est un peu long):

Catégorie "interactions sociales" :
Grande difficulté à reconnaitres les visages et à y associer un nom. Pour ça, je hais la rentrée.
Beaucoup de mal à comprendre la communication non verbale. Dans mes relations avec les autres, pour faire simple, ce qui n'est pas dit n'existe pas.
Impression de parfois monopoliser le temps de parole pour des choses dont les autres ne voient pas l'intérêt. Façon dont c'est perçu par les autres : "madame je sais tout". Impression de soit parler trop, soit trop peu (soit j'ai des choses à dire et je m'emporte complètement, soit j'ai l'impression de n'avoir rien d'intéressant à dire sur le sujet, ou bien il ne m'intéresse absolument pas).
L'impression de ne pas avoir compris quelque chose dans une interaction sociale peut me plonger dans une angoisse démeusurée (du genre "est-ce que j'ai fait quelque chose de mal? J'ai forcément fait quelque chose de mal, mais quoi?" quand une personne se montre de mauvaise humeur).
De façon plus générale, je peux passer des heures à me demander comment les autres me perçoivent.
Tendance à "signaler les erreurs et les faux pas sans percevoir l'embarras. Souvent, ces remarques sont mal prises par les autres" (citation de l'article wikipedia) et là encore, on passe pour une horrible je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde.

Tendance à avoir des "passions" qui m'obnubilent complètement pendant un certain temps: petite, c'était les chevaux et l'équitation (Exemple cité par la page wikipedia, décidement je ne suis vraiment pas originale >.<), puis des séries/films (meilleur exemple et dernier en date : Doctor Who), ou encore des groupes de musique, ou artistes divers et variés. Par exemple, quand je me mets à écouter et aimer un groupe, je n'écoute QUE CA ou presque pendant plusieurs mois. J'ai souvent l'impression, par rapport aux personnes normales, d'aimer moins de choses mais avec une plus grande intensité, de créer des liens avec d'autres choses, parfois de façon assez... capillotractée, et d'avoir une capacité de mémorisation complètement disproportionnée entre les choses qui me passionnent et celle qui m'indiffèrent.

Je me suis aussi reconnue dans certains aspects propres aux enfants asperger :
Rapidité d'apprentissage de la lecture et surtout du vocabulaire, langage « pédant » (dès assez jeune j'ai été préoccupée par la façon dont les autres me voient, et c'est une des choses qui m'ont le plus marquée...). Dans la catégorie « maladresse » : Difficulté à avoir une « belle écriture » (si vous saviez comme ça a pu me traumatiser en CP quand tout tourne autour de la lecture et l'écriture, je savais lire à la perfection depuis un petit moment, mais mon écriture était toute tremblotante...). J'ai mis aussi beaucoup de temps à apprendre à faire du vélo (aujourd'hui encore j'ai du mal, jamais vous ne me verrez sur un vélo en agglomération), et j'ai toujours eu énormement de mal en sport, surtout les sports de balle. Et d'équipe, cela va sans dire.
Difficulté à comprendre le concept d'amitié.

Hypersensibilité : à la lecture de cette catégorie de l'article wikipedia, j'ai commencé à me dire que ça ne peut pas être une coïncidence. J'ai depuis l'enfance des maux de tête qui peuvent me rendre totalement incapable (je suis obligée de m'allonger dans le noir et dans le silence total), et qui sont déclenchés par : les odeurs fortes (certains aliments, essence, chlore à la piscine), le bruit, la lumière (les premiers jours de grand soleil au printemps). Je suis littéralement intolérante aux sons aigus - exemple typique : un enfant qui parle un peu fort ou un bébé qui pleure. J'ai énormement de mal à comprendre comment les autres tolèrent ces sons. Vivant à Paris depuis peu... je ne comprend pas ce qui peut pousser les gens à s'installer en terrasse des cafés, pour moi être dans une rue non piétonne est une vraie torture auditive.
Autre petit détail dans lequel je me suis reconnue, étant enfant/ado :  le refus d'embrasser ou de se laisser embrasser sur la joue. Aujourd'hui encore, j'évite autant que possible la bise matinale. Je ne sais pas pouquoi, je n'aime pas ça. Point.

Eeeeet ben pour l'instant c'est tout, je vous épargne la catégorie "vie de couple et sexualité", hein >.< Quant au reste de l'article, rapport aux conséquences, je préfère ne pas approfondir ni même le relire pour l'instant
Sinon, pour compléter la présentation globale, je suis étudiante, à Paris depuis un an. Les études et la vie professionnelle qui devra suivre sont pour moi une intarissable source d'anxiété, et en même temps la seule chose qui me pousse à sortir de chez moi et à entretenir des relations sociales (en dehors de la faim qui me pousse jusqu'à la supérette).
Il ne m'a jamais échappé que je m'écartais un peu de la norme et que j'avais du mal avec les interactions sociales.

J'ai un petit ami depuis... cinq ans maintenant. On a beaucoup de points communs, souvent on plaisante un peu du fait de ne pas être "normaux", de ne pas voir le monde comme les autres. Ca ne m'étonnerait pas qu'il soit un peu asperger aussi, mais de mon point de vue il s'en sort beaucoup mieux que moi.
Il m'a déjà confié avoir rattaché certaines de ses "particularités" à une forme d'autisme pendant ses études d'infirmier. Plus récemment, il a vu un psichiatre pour ses insomnies, peu avant de laisser tomber ses études de médecine/pharmacie (depuis il va beaucoup mieux, et pas seulement du point de vue du sommeil).

Et en écrivant ça, l'évidence me saute aux yeux : d'une façon ou d'une autre, il le sait.


Pour l'instant, j'ai gardé cette découverte pour moi, et à vrai dire, je ne sais pas vraiment quoi en faire.
Questions sous-jacentes:
J'en fais quoi b*rdel de m**** ???
Je vais voir un psy ? Et si j'ai pas envie / pas le temps / pas envie qu'on me pose des questions sur le fait que je voie un psy / pas envie de faire l'effort de le cacher non plus? Est-ce que ça en vaut la peine ?
Est-ce que ça va changer ma vie de le savoir/ d'en avoir confirmation par un psy ? Est-ce que c'est le genre de truc dont on doit informer ses profs/ son employeur?
Ca fait quoi de moi, je suis quoi ? Différente ? Inadaptée? Handicapée? Est-ce que ça met juste une étiquette sur un boulet que je traine depuis toute petite ou est-ce que ça m'en met un deuxième sur l'autre pied ?


(Merci d'avoir lu, peut-être à bientot)

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2 Re: Se découvrir aperger... le Ven 14 Aoû - 11:30

Bonjour Cyrielle Smile

Attention aux auto diagnostics, wikipédia n'est sûrement pas la source la plus fiable pour t'apprendre qui tu es Very Happy

On peut souffrir de difficultés d'ordre sociales sans être autiste, ne t'en fait pas Smile
Si tu t'interroge vraiment, consulte le CRA de ta région, ils seront les mieux à même de te dire si tu es, ou non, autiste.

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3 Re: Se découvrir aperger... le Dim 1 Nov - 20:26

Cyrielle a écrit:
J'ai 24 ans, et le hasard d'internet m'a amenée hier soir sur la page wikipedia concernant le syndrome d'asperger, sur un "mais c'est quoi, au juste?"
Réponse de l'encyclopédie en résumé : "c'est ce que tu es, ma fille". Aïe.

Bonjour,

Je suis partiellement d'accord avec erolingas sur le fait qu'il faut faire attention aux autodiagnostics.  Il y a plusieurs problèmes qui peuvent ressembler à l'Asperger.

Par contre, rendu à l'âge adulte, les diagnostics sont souvent précédés d'un autodiagnostic.  L'Asperger n'a été officiellement reconnu qu'en 1993.


Depuis l'enfance, j'ai vu et été évaluée par plusieurs psychologues et psychiatre.  Il n'y en a pas un qui a fait le diagnostic avant que j'aborde le sujet, il y a 1 an et demi.

Aujourd'hui, j'aurais probablement été dépistée à la maternelle.  Mon enseignante avait demandé à la psychologue scolaire de venir m'observer, car elle considérait que mon comportement n'était pas "normal".  Je regardais les autres jouer, sans m'intégrer à eux.  La psychologue a confirmé que mon comportement n'était pas "normal" mais n'était pas en mesure de déterminer quel était le problème. C'était en 1990, l'Asperger n'était pas reconnu à ce moment.

Je vais essayer de répondre à tes questions une à une.

Cyrielle a écrit:Est-ce que ça en vaut la peine ?
Est-ce que ça va changer ma vie de le savoir/ d'en avoir confirmation par un psy ?.

Cette question dépend de plusieurs choses.  

Je crois que la première question à te poser est veux-tu un diagnostic?  Es-tu prête à accepter un tel diagnostic?  Es-tu prête à faire les démarches?

Dans mon cas, le diagnostic m'a aidée à comprendre plusieurs choses.  Mieu comprendre les difficultés que j'ai eu à surmonter.  Mieu comprendre mes problèmes actuels.   Je pouvais enfin mettre un mot sur mes difficultés.  Pour moi cela a été bénéfique.

Un diagnostic peut, parfois, te donner accès à des services, si tu en as de besoins maintenant ou plus tard.


Cyrielle a écrit:Est-ce que c'est le genre de truc dont on doit informer ses profs/ son employeur?

C'est à toi de décider.  Pour ma part, n'ayant besoin d'aucune aide ou mesure particulière, je n'en ai pas informé mon employeur.

Cyrielle a écrit:Ca fait quoi de moi, je suis quoi ? Différente ? Inadaptée? Handicapée?

Certains scientifiques commencent à reconnaître l'Asperger comme une forme d'intelligence différente.

Il est maintenant reconnu que plusieurs personnes ayant marqué l'histoire était fort probablement Asperger, dont:

•Bill Gates (créateur de Microsoft)
•Marie Curie (chercheuse, découverte de la radiothérapie)
•Albert Einstein
•Alexander Graham Bell
•Vincent Van Gogh

Suite au diagnostic, ma première lecture a été Musique autiste, d'Antoine Ouellette.  Ce livre est un témoignage, mais l'auteur inclut plusieurs chapitres documentaires expliquant ce qu'est le syndrome d'Asperger.  Ce livre m'a beaucoup aidée à comprendre l'Asperger.  Comme plusieurs auteurs, M. Ouellette voit l'Asperger comme une différence et non comme une maladie ou un handicap.  Ce livre m'a aidée à voir l'Asperger de façon moin négative.

N'hésite pas à m'écrire si tu as des questions.

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