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Autisme et volontariat international

le Sam 18 Oct - 13:46
Bonjour a tous !

(veuillez m'excuser pour les accents manquants, je travaille avec un clavier QWERTY)

J'ouvre un post pour vous parler de choses positives concernant l'acces a un emploi pour les personnes asperger.
Pour ceux qui me connaissent deja et qui veulent avoir de mes nouvelles, je vous annonce que je suis actuellement au Danemark et que je suis une formation dans une association pour etre instructeur en developpement pour les pays en voie de developpement comme ceux d'Afrique ou l'Inde. Et je suis contente car je suis bien la-bas et les gens m'acceptent telle que je suis et je peux faire mon travail sereinement.
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je vous informe que j'ai eu un diagnostic seulement a l'age adulte. J'ai eu une scolarite normale (meme si cela ne s'est pas passe sans encombres) mais au moment de passer a la vie professionnelle, les difficultes etaient telles que cela m'empechait de garder un emploi.

Un instructeur en developpement, ce n'est pas seulement un professeur. C'est aussi un educateur. Il s'occupe aussi bien de theorie que de pratique. Ce n'est pas un enseignant ordinaire aussi parce qu'il doit faire preuve d'inventivite pour rendre son enseignement utile dans la vie pratique. C'est donc un pedagogue.
Comme je suis toujours en formation, j'alterne cours theoriques et travaille dans une ecole pour adolescents et jeunes adultes en difficulte sociale et psychologique. Je dois vous dire que ce n'est pas facile tous les jours... Mais c'est pleins de nouveaux defis et j'apprends tous les jours un peu plus. J'ai meme appris plus de choses qu'aucune ecole ne m'a permis d'apprendre. En effet, mon enorme point faible, en tant qu'asperger, c'est le sens pratique dans la vie de tous les jours. Depuis que je suis dans cette association, j'ai fait des progres enormes dans ce domaine et j'assume de responsabilites de plus en plus grandes.
Les gens qui m'emploient sont contents de moi. Recemment, j'ai recu les felicitations et une distinction de l'association pour mon travail et mes services rendus.
Mes employeurs et mes coequipiers savent que je suis asperger. Je n'ai pas eu d'amenagement specifiques. Leur patience et leur ecoute, leur acceptation de la difference m'ont beaucoup aide.

Je ne fais pas de publicite. Juste pour dire : pourquoi ne pas chercher un emploi dans ce domaine ? Ce n'est pas incompatible avec le fait d'etre autiste. Je crois que c'est un domaine ou nous pourrions exceller...

Si vous avez des questions, je suis prete a y repondre.

Rebecca
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Re: Autisme et volontariat international

le Dim 19 Oct - 21:17
Bonjour Rebecca,
Je me souviens très bien de toi, car tu m'avais envoyé une très longue lettre sur les difficultés que tu as eu quand tu étais dans les marines etc..

Les pays nordiques ont une culture très ouverte.
En France c'est plutôt très fermé et je pense que quelque soit l' handicap, ça reste encore primaire.

En tout les cas je suis très heureuse pour toi. Je te souhaite une très bonne continuation et serais ravie de recevoir de tes nouvelles.
Bien à toi
Miriam

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Re: Autisme et volontariat international

le Dim 19 Oct - 21:35
Miriam a écrit:Bonjour Rebecca,
Je me souviens très bien de toi, car tu m'avais envoyé une très longue lettre sur les difficultés que tu as eu quand tu étais dans les marines etc..

Les pays nordiques ont une culture très ouverte.
En France c'est plutôt très fermé et je pense que quelque soit l' handicap, ça reste encore primaire.

En tout les cas je suis très heureuse pour toi. Je te souhaite une très bonne continuation et serais ravie de recevoir de tes nouvelles.
Bien à toi
Miriam


Bonjour Miriam,

Je sais bien qu' en France, les opportunites professionnelles sont tres limitees, voire inexistantes pour les personnes autistes.
L'organisation pour laquelle je travaille s'appelle One World Center. Elle est affiliee a une autre organisation appelee Humana People to People. Originellement Danoise, cette organisation s'est agrandie est plusieurs centres ont ouvert dans d'autres pays. Il y a des centres de formation au Danemark, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni. Il y a une universite au Danemark et au Mozambique.  Pour les projets, il y en a en Afrique et en Inde. Un jour, il y en aura en Amerique Latine.
Donc, ce n'est pas francais. J'ai du faire toute ma candidature en Anglais. Je suis hebergee et mange sur place. Nos frais de deplacement a travers le Danemark sont couverts. Donc, je n'ai pas beaucoup de depenses a faire, si ce n'est que pour mes besoins personnels.

Comme l'Anglais est ta premiere langue, tu peux en savoir plus sur leur site
J'ai envoye ce temoignage pour donner une idee en terme d'orientation professionnelle. Pour aider les gens en galere. Apres tout, sommes nous obliges de travailler et de vivre dans un pays qui ne nous accepte pas ?
Je peux te dire que dans ce domaine, etre asperger comporte des avantages...
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Re: Autisme et volontariat international

le Lun 27 Oct - 20:39
En effet, dans le secteur privé, l'horizon est complétement bouché, surtout pour les postes de niveau > bac +2. A ce niveau d'étude, seules les concours de la fonction public laissent encore une chance et offrent des opportunités. J'ai du passer une bonne centaine d'entretiens pour des postes ingénieurs à ma sortie de l'école centrale, je n'ai jamais réussi à dépasser le stade du premier entretien. Peut-être, qu'il existe des entreprises prêtes à accueillir des Asperger mais je n'en ai point trouvé en 2 ans de recherche d'emploi. La seule issue a été pour moi les concours de la fonction public. Évidemment il faut mieux éviter les concours de l'enseignement comme le capes ou agrégation, non pas qu'ils soient inaccessibles mais le métier n'est vraiment pas fait pour nous, surtout dans une structure comme l'éducation nationale française, même au lycée ou en prépa. Il y a surement des exceptions mais il faut être sacrément solide dans sa tête pour exercer ce métier en France et habile dans les interactions sociales, plus encore que dans la matière qu'on enseigne. Enfin bref, il ne faut pas négliger la fonction public avec leur recrutement sur concours. Il y a des opportunités intéressantes dans beaucoup de domaines hors enseignement : droits, informatique, statistiques... Mon poste à l'Insee n'est pas de tout repos mais j'y suis plutôt bien intégré et accepté et puis on m'a laissé ma chance sur des postes en rapport avec mon niveau d'étude.

Nicolas


Dernière édition par kony le Mar 28 Oct - 18:26, édité 1 fois
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Re: Autisme et volontariat international

le Mar 28 Oct - 18:03
kony a écrit:En effet, dans le privé, l'horizon est complétement bouché, surtout pour les postes de niveau > bac +2. A ce niveau d'étude, seules les concours de la fonction public laissent une chance et offrent des opportunités. J'ai du passer une bonne centaine d'entretiens pour des postes ingénieurs à ma sortie de l'école centrale, j'ai jamais réussi à dépasser le niveau du premier entretien. Je déconseille fortement les concours de l'enseignement, non pas qu'ils soient inaccessibles mais le métier n'est vraiment pas fait pour nous, même au lycée ou en prépa. Il y a surement des exceptions mais il faut être sacrément solide dans sa tête pour exercer ce métier en France et habile dans les interactions sociales, plus encore que dans la matière qu'on enseigne. Enfin bref, il ne faut pas négliger la fonction public avec leur recrutement sur concours. Il y a des opportunités intéressantes dans beaucoup de domaines hors enseignement : droits, informatique, statistiques... Mon poste à l'Insee n'est pas de tout repos mais j'y suis plutôt bien intégré et accepté et puis on m'a laissé ma chance sur des postes en rapport avec mon niveau d'étude.

Nicolas

Interessant...
Le metier que je vais faire dans l'association est en rapport avec l'enseignement . C'est de la pedagogie. C'est vrai qu'il faut avoir l'esprit solide. Dans le cadre de ma formation, j'alterne etudes theoriques et travail dans une ecole pour adolescents et adultes en difficulte sociale, psychologique et scolaire. Certes, il y a un cote "enseignement" mais il y a aussi le cote "educateur" car il faut leur apprendre, ou leur reapprendre les bases du vivre-ensemble, les regles d'hygiene. Le plus important, c'est de tout faire pour les motiver car le plus souvent, ils passeraient leur temps dans leur chambre ou devant l'ordinateur...
Pour l'aspect relationnel, il faut faire l'effort d'instaurer une relation dans les activites quotidiennes. Il faut aussi se dire que rien n'est acquis et qu'il faut perseverer. C'est cet aspect-la qui fait que ce travail n'est pas facile tous les jours...
Une autre partie de mon travail consiste a faire la cuisine pour une dame atteinte d'un cancer. Cela me permet de financer mon voyage en Afrique et mon projet. Comme nous travaillons en groupe, la recolte de fonds est plus facile...

Niveau relationnel, je suis plutot quelqu'un d'excentrique. J'ai "un autre cerveau" comme ils disent. Et cela m'aide beaucoup pour certaines taches et ca me desavantage dans d'autres. Je pense que cet aspect-la est le meme pour tout le monde. Nous sommes tous differents apres tout...

Ton commentaire est plutot positif concernant l'insertion au travail, dans la mesure ou c'est plus interessant de donner des pistes de recherches plutot que de se focaliser sur les problemes.

Rebecca
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Re: Autisme et volontariat international

le Mar 28 Oct - 18:18
Je ne pense pas que l'enseignement nous soit totalement fermé, d'ailleurs tu en es la preuve. Par contre, je déconseille très fortement de l'exercer au sein de l'éducation nationale en France avec ces classes de 30/40 élèves, le travail en équipe quasi inexistant, les collègues qui se jalousent, la langue de bois des décideurs... Sinon, oui c'est un très beau métier, riche de sens et je suis content que tu puisses l'exercer dans de bonnes conditions.
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Re: Autisme et volontariat international

le Mar 28 Oct - 18:48
kony a écrit:Je ne pense pas que l'enseignement nous soit totalement fermé, d'ailleurs tu en es la preuve. Par contre, je déconseille très fortement de l'exercer au sein de l'éducation nationale en France avec ces classes de 30/40 élèves, le travail en équipe quasi inexistant, les collègues qui se jalousent, la langue de bois des décideurs... Sinon, oui c'est un très beau métier, riche de sens.

De toutes manieres, je n'aurais pas exerce ce metier en France, a part peut-etre pour une ecole privee type Montessori (je suis fan des pedagogies alternatives).
Oui, tout a fait d'accord, il y a trop d'eleves dans les classes. Puis je ne suis pas favorable a une hierarchie eleve-professeur. C'est quelque chose qui peut donner une fausse idee sur les sources du savoir, le relationnel et surtout, l'envie d'apprendre.
Dans mon association, on est plutot centres sur l'ecole de la vie. Il y a les matieres academiques mais tu as aussi la pratique qui t'apprend a te debrouiller dans la vie de tous les jours (cuisine, peinture). C'est une autre maniere d'echanger car on apprend les uns des autres. A part quelques cas, je n'ai jamais eu de problemes d'agressions physiques ou de menaces verbales. Ce sont des eleves tres actifs et volontaires quand on sait les motiver. Le plus important pour moi, c'est d'etre implique dans mon travail. Mais il faut aussi savoir travailler en groupe et en partenariat avec ses collegues, surtout avec ce genre de public.

Je reproche aux ecoles en France de ne pas assez impliquer les profs dans le relationnel avec leur eleves (peut-etre que je generalise). Avant de partir au Danemark, j'ai accompagne la classe de CE2 de mon frere pour une sortie. Pendant une longue pause, incluant le repas, la maitresse a plus passe son temps a crier pour ramener un semblant d'ordre que d'essayer d'impliquer ses eleves dans la discipline. Elle ne leur a pas propose de jeux. Pendant le repas, la maitresse et les accompagnateurs ont mange entre-eux, comme s'il existait une barriere entre enfants et adultes. J'ai ete la seule a manger avec les eleves et mon frere. Puis pour les occuper, j'ai invente un jeu et on a joue tous ensemble.
Oui, 30 eleves c'est pas facile. Mais c'est plus facile quand ils sont avec toi que face a toi. La preuve : la maitresse a ensuite demande aux eleves de ramasser leur poubelles dans l'herbe et a hurle parce qu'aucun ne s'executait de suite. J'ai pris un grand sac plastique ou j'ai jete mes dechets, mon frere a jete les siens et ceux avec qui j'ai mange aussi. Puis j'ai appele tout le monde pour jeter ses dechets tout en circulant dans les mini-groupes formes. Et ca a marche en meme pas 5 minutes...

Le plus important, c'est la motivation et l'ouverture d'esprit (parce que tu ne sais pas tout dans ce que tu enseignes). Si tu n'as pas ca, ne fais pas prof...
Je suis asperger et HQI. J'ai donc certaines facilites pour apprendre les matieres academiques. Et pourtant, je suis prete a admettre que tout le monde, enfant compris, peut m'apprendre quelque chose dans ce domaine. Cela est possible parce que nous sommes tous differents.
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Re: Autisme et volontariat international

le Mar 28 Oct - 21:18
La pédagogie est un domaine passionnant. D'ailleurs, je te rejoints sur plusieurs points. La conception de l'enseignement (trop souvent observé) en France où le maitre déverse son savoir et les élèves écoutent est une catastrophe. On apprend en expérimentant, en confrontant, en remettant en cause, en se faisant sa propre idée, pas en se conformant. On ne peut pas accuser seulement les professeurs, bien sur ils ont leur part de responsabilité mais les parents et la société sont aussi en attente de cela. Mon point de vue est qu'on conçoit trop souvent l'école comme un ascenseur social qui permet d'accéder à une situation, par cela on reconnait et légitime les différences sociales et il y a mécaniquement des échecs. Selon moi l'école devrait surtout lisser les différences sociales. Dans une société où le succès est le but ultime, on a une école à cette image et chacun a sa part de responsabilité. Dans ces conditions pas étonnant que l'apprentissage du vivre ensemble soit complétement négligé et pourtant fondamental.

Je me garderai bien de donner le moindre le conseil, le métier est difficile. D'ailleurs, on peut avoir les plus belles idées du monde sur l'éducation et se plantait complétement (j'en suis un peu la preuve) car ce métier se fait par la pratique et dans l'instant présent. Il demande beaucoup d'amour, d'attention et de patience...

Je ne crois pas que nous soyons tous si différents du moins d'un point de vue psychologiques. On ressent tous la peur, l'angoisse, la solitude, l'envie ... qu'on soit HQI ou pas. Bien sur il y a des différences biologiques évidentes, mais au fond de nous on vit tous les mêmes choses (pas au même moment) et on est fait du même moule. Bien sur qu'on peut apprendre d'un enfant (même de 3 ans) et de tout homme (même à petit QI). Par exemple, Forest Gump n'a-t-il rien à apprendre aux autres ?
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Re: Autisme et volontariat international

le Mar 28 Oct - 21:59
A mes yeux il ne fait aucun doute que l'on apprend plus de ceux ' a petit QI ' des handicapés des 'fous' que des gens intelligents . Je développerait ma pensée plus tard parce que la a l'hôpital ce n'est pas évident
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Re: Autisme et volontariat international

le Mer 29 Oct - 9:42
A mon tour de m’excuser de taper l’incruste. Smile
Votre échange m’intéresse beaucoup.

Oui, est ce que d'une manière plus générale, la différence, et les réflexions, les adaptations qu'elle entraine, ne sont pas la matière première de l'apprentissage ?

Pourrions nous prétendre à une quelconque évolution dans un monde de clones, sous un environnement normé et sécurisé ?

Partant du constat que bien souvent la mixité dans les classes est bénéfique à la tranche d'age la plus basse, on le constate à plus petite échelle dans une fratrie, je suis convaincu que l’intégration à l'école des enfants avec handicap, est un bienfait pour les enfants normaux.

La difficulté se trouve dans le rapport de forces, de la même façon qu'un enseignant dans une classe, l'interaction à 1 pour 30 ( voir 1 pour 40) est inégale et épuisante.

En poussant mon raisonnement au bout du bout j'irai jusqu'à dire qu'il faudrait d'avantage d'enfants avec handicap à l'école.

La plupart des parcours de personnes avec handicap à l'école se rejoignent sur un point, la clef de la réussite est la capacité à s'adapter à la rigidité du système de l'éducation nationale.

Mais c'est éreintant pour un enfant, pourtant, quelles alternatives ?

Rassembler les enfants avec handicap dans des structures, permet de leur offrir un environnement plus adapté, parfois d'augmenter la proximité de la structure de soin.

Mais est ce que cela n'est pas une entrave, (j'allais dire un garde-fou), un frein au développement de ces capacités d'adaptation qui tôt ou tard lui feront défaut ?
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Re: Autisme et volontariat international

le Mer 29 Oct - 12:51
Tu as bien fait. J'ai une façon de voir les choses assez différentes mais finalement on se rejoints sur plusieurs points.

Je le redis, je ne crois pas qu'intérieurement nous soyons si différents les uns des autres. A l'évidence, extérieurement tout le monde est différent. Mais au fond, on ressent tous les mêmes choses que nous soyons docteur ou mécanicien, Forest Gump ou Daniel Tammet, une femme ou un homme, passe partout ou Michael Jordan, célèbre ou anonyme, handicapé ou dans la "norme"... Et c'est selon moi, ce qui justifie que les enfants avec handicap devraient aller à l'école avec tout le monde. Bien sur, leurs différences de nature biologique justifie qu'il y ait des adaptations.

Dans un environnement où la réussite tient lieu de but ultime, ceux qui n'ont pas les moyens de réussir ou de s'adapter sont rapidement exclus et méprisés. Mettre l'accent sur les différences, c'est légitimer l'injustice liée aux différence biologiques et aux origines sociales. Et surtout c'est s'isoler des autres. Il est français, elle ne l'est pas, ils se considèrent comme différent (pas toujours heureusement); elle est communiste, il est capitaliste, ils se tapent dessus...

Avec le recul, je considère que ça a été une chance d'être diagnostiqué sur le tard car justement un diagnostic précoce aurait créé une différence entre les autres et mis encore plus de barrières.
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Re: Autisme et volontariat international

le Mer 29 Oct - 13:24
Effectivement nous divergeons sur cette idée, quoi qu’il faille peut être définir précisément ce que tu entends par intérieurement, que nous somme égaux face au ressenti, qui est tout à la fois culturel et hormonal.

Mais s’agissant de pédagogie, comment traiter du handicap sans mettre l’accent sur la différence, sans stigmatiser ?

C’est une question très sensible que je me suis posé 100 fois, pour mon fils vis-à-vis de la fratrie, de l’entourage, à propos aussi du diagnostic, qui n’était pas nécessaire.

Je suis assez réticent à l’ « étiquetage », mais si l’on y regarde de près, je ne suis pas certain il soit vraiment à la source du rejet. Le plus flagrant est la réaction des gens à qui je dis que mon fils est porteur du S.A. qui va de la curiosité à la l'obséquiosité en passant par la crainte selon leur pays d’origine.
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Re: Autisme et volontariat international

le Mer 29 Oct - 14:26
Je ne sais pas si on est tous égaux face au ressenti mais il me semble qu'on a tous ressentis la peur, la solitude, l'envie, l'angoisse, la souffrance, la jalousie... Bien sur que ces ressentis sont provoqués par des facteurs biologiques, culturel et d'autres, la façon dont les expriment aussi.

Par intérieurement, j'entends tout ce qui est immatériel et se passe à l'intérieur de chacun comme les émotions, la pensée... On pense tous des choses différentes mais on a tous la faculté de penser, on ressent tous des émotions... Je sais cela n'est pas une définition précise. Je pourrai aussi ajouter qu'on a tous des idées mais pas les mêmes, nous sommes entrain d'en faire le constat.

En ce qui concerne la pédagogie, bien sur qu'il faut tenir comptes des différences de chacun. Par contre, je crois qu'il est bon de ne pas en ajouter, à ce titre je suis pour qu'on bannisse les notes, du moins dans les petites classes.

L'étiquetage n'est peut-être pas la source systématique de rejet. Mais il me semble que pour qu'il y est rejet, il faut qu'il y est différence, en tous les cas séparation.
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Re: Autisme et volontariat international

le Lun 3 Nov - 0:24
kony a écrit:Tu as bien fait. J'ai une façon de voir les choses assez différentes mais finalement on se rejoints sur plusieurs points.

Je le redis, je ne crois pas qu'intérieurement nous soyons si différents les uns des autres. A l'évidence, extérieurement tout le monde est différent. Mais au fond, on ressent tous les mêmes choses que nous soyons docteur ou mécanicien, Forest Gump ou Daniel Tammet, une femme ou un homme, passe partout ou Michael Jordan, célèbre ou anonyme, handicapé ou dans la "norme"... Et c'est selon moi, ce qui justifie que les enfants avec handicap devraient aller à l'école avec tout le monde. Bien sur, leurs différences de nature biologique justifie qu'il y ait des adaptations.

Dans un environnement où la réussite tient lieu de but ultime, ceux qui n'ont pas les moyens de réussir ou de s'adapter sont rapidement exclus et méprisés. Mettre l'accent sur les différences, c'est légitimer l'injustice liée aux différence biologiques et aux origines sociales. Et surtout c'est s'isoler des autres. Il est français, elle ne l'est pas, ils se considèrent comme différent (pas toujours heureusement); elle est communiste, il est capitaliste, ils se tapent dessus...

Avec le recul, je considère que ça a été une chance d'être diagnostiqué sur le tard car justement un diagnostic précoce aurait créé une différence entre les autres et mis encore plus de barrières.

Au regard de ma vie, je considere egalement que j'ai eu de la chance d'avoir ete diagnostique une fois adulte. Quand on voit le nombre de personnes qui se retrouve en institution sous pretexte d'une soit-disant "deficience mentale", cela fait peur ! C'est a se demander si les institutions (ecole, CMPP ou CMP) nationale donnent la chance a l'enfant de trouver sa place par lui-meme dans notre societe, si on laisse vraiment les parents faire le meilleur choix pour leur enfant... Mais ca, c'est une autre question...
Dans mon approche des autres, je considere que nous sommes tous differents, et en meme temps semblables. La difference est donc le reflet de notre individualite.
Pour moi, ce qu'on appelle "handicap", c'est l'expression de la difference par rapport a une "norme". Et puis, qu'est-ce que la norme ?
Avec le terme "handicap", vient la notion d'amenagement. Or, si les differences etaient vraiment acceptees, il n'y aurait pas besoin d'amenagement puisque le sentiment d'altruisme, de partage et d'entraide irait de soi.
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Re: Autisme et volontariat international

le Lun 3 Nov - 0:35
Ludovic a écrit:A mon tour de m’excuser de taper l’incruste.  Smile
Votre échange m’intéresse beaucoup.

Oui, est ce que d'une manière plus générale, la différence, et les réflexions, les adaptations qu'elle entraine, ne sont pas la matière première de l'apprentissage ?

Pourrions nous prétendre à une quelconque évolution dans un monde de clones, sous un environnement normé et sécurisé ?

Partant du constat que bien souvent la mixité dans les classes est bénéfique à la tranche d'age la plus basse, on le constate à plus petite échelle dans une fratrie, je suis convaincu que l’intégration à l'école des enfants avec handicap, est un bienfait pour les enfants normaux.

La difficulté se trouve dans le rapport de forces, de la même façon qu'un enseignant dans une classe, l'interaction à 1 pour 30 ( voir 1 pour 40) est inégale et épuisante.

En poussant mon raisonnement au bout du bout j'irai jusqu'à dire qu'il faudrait d'avantage d'enfants avec handicap à l'école.

La plupart des parcours de personnes avec handicap à l'école se rejoignent sur un point, la clef de la réussite est la capacité à s'adapter à la rigidité du système de l'éducation nationale.

Mais c'est éreintant pour un enfant, pourtant, quelles alternatives ?

Rassembler les enfants avec handicap dans des structures, permet de leur offrir un environnement plus adapté, parfois d'augmenter la proximité de la structure de soin.

Mais est ce que cela n'est pas une entrave, (j'allais dire un garde-fou), un frein au développement de ces capacités d'adaptation qui tôt ou tard lui feront défaut ?

Bien que favorable a l'inclusion des enfants handicapes, quel que soit le handicap, je ne suis pas pour autant favorable a une forme de "discrimination positive" en faveur de l'eleve handicape.
Oui, il faudrait la possibilite d'un assouplissement dans l'acces a une scolarite "ordinaire". Qu'on envisage toutes les solutions pour que l'enfant aille dans la "meme ecole que tout le monde".

Il y a egalement des reformes a faire concernant la scolarite en generale. De plus en plus d'enfants sont consideres comme inadaptes au systeme scolaire, sans pour autant avoir de handicaps. C'est le systeme scolaire qui handicape l'enfant...
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Re: Autisme et volontariat international

le Lun 3 Nov - 0:47
kony a écrit:Je ne sais pas si on est tous égaux face au ressenti mais il me semble qu'on a tous ressentis la peur, la solitude, l'envie, l'angoisse, la souffrance, la jalousie... Bien sur que ces ressentis sont provoqués par des facteurs biologiques, culturel et d'autres, la façon dont les expriment aussi.

Par intérieurement, j'entends tout ce qui est immatériel et se passe à l'intérieur de chacun comme les émotions, la pensée... On pense tous des choses différentes mais on a tous la faculté de penser, on ressent tous des émotions... Je sais cela n'est pas une définition précise. Je pourrai aussi ajouter qu'on a tous des idées mais pas les mêmes, nous sommes entrain d'en faire le constat.

En ce qui concerne la pédagogie, bien sur qu'il faut tenir comptes des différences de chacun. Par contre, je crois qu'il est bon de ne pas en ajouter, à ce titre je suis pour qu'on bannisse les notes, du moins dans les petites classes.

L'étiquetage n'est peut-être pas la source systématique de rejet. Mais il me semble que pour qu'il y est rejet, il faut qu'il y est différence, en tous les cas séparation.

A ce propos, il faudrait faire allusion a la notion de "pedagogie differenciee". En general, les gens pensent aux ecoles alternatives type Montessori, Steiner, etc. Mais ce n'est pas que cela...

Pour information, les notes chiffrees ont ete supprimees dans les classes de primaire et on parle de l'etendre au college. On parle maintenant de competences a acquerir. Le probleme, c'est que c'est une notion vague, dont le maitre est le seul juge. Cela reste quelque chose de subjectif...
Effectivement, cela ressemble a des notes chiffrees, mais en plus confus. Meme les parents ne s'y retrouvent pas...
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Re: Autisme et volontariat international

le Jeu 11 Déc - 20:13
Je répond deux mois plus tard.

En ce qui concerne la suppression des notes, la société et en particulier les parents ne sont pas prêts pour cela. Il n'y a qu'à voir le tollé qu'à susciter la dernière annonce de Najat Vallaud Belkacem. Ils préfèrent se contenter des notes, ça leur évite bien des problèmes et notamment de s'impliquer dans l'éducation de leur enfant.

Pour information, j'ai été professeur agrégé pendant 5 ans, je pense connaître assez bien le système et notamment l'évaluation par compétence à laquelle tu fais allusion. Selon moi, l'évaluation sert trop souvent à classer les élèves plutôt qu'à se situer dans leur apprentissage, à croire que faire mieux que les autres est la motivation pour apprendre. Je sais bien que dans ton établissement, c'est surement très différent et que ça ne passe pas comme ça. Cela dit, les professeurs ne sont pas les seuls responsables de cet état de fait, les parents sont aussi demandeurs et d'ailleurs ça ne m'étonne pas qu'ils soient paumés par le système des compétences acquérir.
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Re: Autisme et volontariat international

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