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Présentation Gregovic

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1 Présentation Gregovic le Dim 5 Oct - 16:53

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Dernière édition par gregovic le Mar 7 Oct - 15:50, édité 1 fois

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2 Re: Présentation Gregovic le Dim 5 Oct - 18:41

Smile Bonjour,

Effectivement tu as vraiment l'air d'avoir mal vécu cette sortie à l'asperger café.
Je n'ai aucune idée de ce qu'est ta vie ni de ce que tu as traversé, je crois par contre que beaucoup d'entre nous peuvent comprendre les difficultés que tu as pour la relation sociale.

Un forum pour ça c'est idéal, tu viens quand tu as envie, tu réponds quand tu as envie ou besoin et personne ne te juge.

Quelqu'un sur ce forum avait écrit je crois que la solitude est un art, pour ma part, j'en suis complètement persuadé, un autre à dit qu'être autiste est un art de vivre et là aussi je crois qu'il y a du sens.
Je passe pas mal de temps seul, je crois d'ailleurs que je ne me sens jamais aussi bien que quand je suis seul.

Il y a moyen de vivre en limitant au maximum ses relations sociales, même s'il est difficile de n'en avoir aucune.
Ensuite bien entendu, être en couple et former une famille est un tel bonheur que même lorsqu’on aime la solitude, c'est génial.

Mais si tu attends qu'il se passe des choses dans ta vie et que finalement tu ne veux pas être seul, alors cela demande que tu fasses toi même l'effort d'aller à la rencontre d'autres personnes.

Cherche peut-être parmi des gens qui partagent tes centres d'intérêt, ce qui est passé est passé, tu ne peut plus agir sur ça, pour avancer le secret c'est de rêver.

As tu des rêves ?

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3 Re: Présentation Gregovic le Dim 5 Oct - 21:03

Je rejoins Ludovic et son discours. Je comprend assez ta façon de voir les choses. Il y a quelques années j'étais vraiment dans la mélancolie . Jusqu'à essayer de me foutre en l'air . Je ne voyais pas de sens a la vie mis a part osciller entre ennuie et souffrance . Mais j'ai fais des rencontres décisives qui m'ont fait avancé. Il faut avoir des projets. Des rêves. Moi j'attends un enfant. C'est mon moteur. Et même si la vie de couple est très compliquée ce n'est pas infaisable . Tout comme le fait de trouver un travail qui nous passionne.

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4 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 9:50

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5 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 12:22

Je te comprend. Je connais très bien le monde des métiers de la culture ( j'ai fais fac arts du spectacle: Cinéma théâtre ). Étant moi même passionnée par le théâtre le cinéma la musique etc. Ce qui m'a permis de rencontrer pleins de monde différents des gens lambda dans le milieu . Tu dois voir de quoi je parle . Toutes tes interrogations par rapport au contact humain ( appeler une personne rencontrer une personne etc )je les ai toujours eu et c'est fatiguant !! Que ce soit au travail ou c'est bourré de codes sociaux ou dans la vie privée j'en parle même pas. Moi a l'époque jetais sur un forum pour aspi et ça m'a beaucoup aidé. J'ai approfondi avec des gens ( par mail c'est toujours plus facile ). J'ai eu des débats passionnants etc. J'ai rencontré des aspergers en vrai . Soit ça passe soit ça casse. Une fois le diagnostique établi ta vie changera peu en effet mais tu pourra répondre a beaucoup de questions que tu te pose je pense. Et je serai ravie d échanger avec toi plus profondément sur le cinéma ou ta manière de voir la vie car je m'y retrouve beaucoup .

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6 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 13:25

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7 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 13:42

Le marché du travail c'est une cata pour tous le monde . Et encore plus pour les gens très bien diplômés qui se retrouvent comme tu le dis a faire un boulot peu gratifiant . J'ai la chance d'exercer dans une branche qui me plait et ou il y a du taf. Tu es loin d'être bête et pour l instant tu est au fond du trou alors tu vois tout en noir et tu ressasse . C'est le problème des gens intelligents

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8 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 13:43

Je n'ai pas de recette miracle mis a part partager mon expérience avec toi. Ce qui peut te faire te raccrocher a la vie ce sont tes passions

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9 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 13:55

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10 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 14:30

Je peux avoir le lien de ton site sur le cinéma? Oui j'étais a Poitiers . Il n'y avait que des branleurs. Peu de vrais passionnés. En art du spectacle je parle. Tu es du coin aussi ?

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11 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 14:42

Tu as raison, la vie est parfois injuste, et je crois que tu es en droit d’attendre des autres les efforts que tu fais toi-même pour établir et maintenir des relations sociales.
Je ne sais pas ce que t’apportera un diagnostic, pour ma part je ne suis pas diagnostiqué, mon fils l’est, et c’est à travers lui que j’ai « découvert » tous les points communs que j’ai aussi avec les porteurs d’Asperger.
Pour lui le diagnostic s’imposait surtout pour avoir accès aux services adaptés, AVS, SESSAD etc…
Je crois que j’ai eu la chance d’évoluer à l’école sans trop souffrir de ma grande timidité, de ma lenteur à l’écrit, mes difficultés avec les conventions sociales, mon incapacité à comprendre parfois les consignes, ma tête dans les nuages.

Je fais un boulot qui m’a passionné au début, tant que c’était nouveau et que j’apprenais de choses. Aujourd’hui je le fais parce qu’il est un moyen, mais je l’ai dissocié de mes rêves. Sans zèle, car effectivement, plus tu en donne, plus ils en prennent et il n’y a que trop rarement de retour. Donc je crois que de ce côté c’est à toi de poser les limites, il ne faut pas attendre que ta hiérarchie le fasse, ça n’arrivera pas.
Pour dire qu’aujourd’hui, je pense que le diagnostic ne m’apporterait rien .
Si j’étais en difficulté et avais besoin de soutien, il est probable que j’y penserais.

Mais si je me retrouvais dans ta situation, puisque c’est ta question, et que la seule chose à quoi j’aspire soit le suicide, si je n’avais plus aucune attache, plus aucun lien et plus aucune envie de m’investir dans ce qui me passionne…
Alors, je crois que je partirai très loin, de préférence vers le soleil, parce que mourir en prison, non merci. Alors, j’irai trouver une passion ailleurs, parce que j’aime la vie, la mort c’est reposant c’est certain, mais parfois on doit s’ennuyer sévère.
Et avant de partir je couperais toutes mes entraves. Le passé, les job ratés, les rencontres ratées, ma culpabilité, tous ces fardeaux inutiles, que je traine, qui me font douter de moi et m'empêchent d'avancer.

J'écouterais Cats on Trees aussi parce que c'est comme les chamallow, léger, tendre et sucré. Very Happy

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12 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 14:54

Et que ça donne la pêche cay on on trees !!!! Ça a un gout de vacances et de soleil

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13 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 15:00

Carrément !!! ils me rappellent trop les Fleetwood Mac

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14 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 15:33

Smile Ludovic je t'ai écris un message dans ' parents '

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15 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 16:10

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16 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 17:43

Je ne dis pas que partir est un moyen de couper les entraves, je dit que c'est une condition nécessaire, ton mal être est lié à quelque chose sur lequel tu n'as que très peu d'emprise, avoir un travail bien payé, pas éreintant et qui te passionne, combien crois tu qu'il existe de personne qui sont dans ce cas ?

Tu en as les capacités, ton premier travail devrait être de t'en convaincre chaque matin au réveil. La décision de bien vivre ou mal vivre les choses qui sont indépendantes de ta volonté n'appartient qu'à toi.
Couper les entraves est une question de volonté, c'est un travail sur toi que tu es seul à pouvoir faire, cela demande de prendre du recul, pour cela le voyage et le changement de cadre sont idéaux, et une remise en question qui n'est pas simple mais indispensable.

Je te cite : "Je suis beaucoup trop préoccupé par ça que je peux pas me consacrer à autre chose et ce depuis bien longtemps"

C'est ça une entrave, mais qui te l'impose si ce n'est toi ?

Au sud de l'Espagne il y a plus de 30% de chômage, et tous ne pensent pas au suicide, heureusement.

Non bien entendu ce n'est pas aussi facile que d'éteindre un interrupteur, cela demande des efforts et du courage, mais c'est pour toi que tu le fais. j'essaie juste de te donner du courage et de te dire que chacun de nous est capable de grandes choses, d'être heureux simplement pour peu qu'il s'en donne les moyens.

Cela j'en suis convaincu, et c'est ce message que je veux te transmettre.

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17 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 18:44

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18 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 22:24

Je ne sais pas trop comment te dire, j'ai l'impression que quoi qu'il arrive il y a une telle colère en toi que tu n'es pas venu pour échanger, ni poser des questions, tu interprètes chaque réponse pour te plaindre, ou t'insurger contre l'injustice dont tu es persuadé d'être victime.

Je ne vais donc pas essayer d'argumenter.

Je te souhaite, et c'est sincère, d'arriver à te défaire de toute cette colère, et d'arriver a prendre assez de recul pour te rendre compte que tout le monde autour de toi n'est pas aussi négatif que tu semble le penser.

Je trouve, c'est mon avis et il n'engage que moi, qu'il y a des petites choses belles, simples et gratuites, qui rendent le monde meilleur à ceux qui savent les regarder et les accepter.
Non, elles ne paient pas le loyer, mais elle réchauffent le cœur et pour ça, ça vaut la peine d'exister.

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19 Re: Présentation Gregovic le Lun 6 Oct - 22:55

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20 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 7:42

J'ai rêvé ou tu me conseille de m'ouvrir au monde ? Very Happy

Toi-même ! C'est celui qui dit qui l'est ! Razz

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21 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 16:29

J'ai été prof de primaire 4 ans. A sarcelles, garges, argenteuil J'ai fait du soutien scolaire gratos dans mon quartier. J'ai suitté le tf de prof et ait réussi à travailler pour le plus gros label indépendant mondial.
J'ai été chargé de com avec pour mission de rencontrer tous les jours des gens pour les démarcher. J'ai dirigé des équipes pour des évènements. Et là je suis sur la création d'un média qui a déjà 1000 lecteurs mensuels. Je fais aussi de la musique , des montages pour des amis, je crée la page web d'une amie artiste pour son portfolio.
C'est certain je suis ultra fermé. C'est ce qui me caractérise.

Perso, j'ai pas de mal à envisager que toi, ben tu as réussi à construire ta vie. Tant mieux. Visiblement toi, tu as du mal à comprendre que pour certains c'est pas le cas, et que c'est le temps d'une remise en question profonde, surtout quand on a mené sa vie avec beaucoup de difficultés à cause de ça et qu'on vient juste de l'apprendre et qu'on reconsidère tout.

Il y a autant de cas que de personnes je pense, être à l'écoute, c'est envisager la différence, oui. Plaquer une philosophie de vie toute faite, ce n'est pas s'ouvrir. Je ne dis pas qu'il faut forcément avoir vécu ce que l'autre a vécu pour pouvoir le commenter, mais ton point de vue de mec en couple qui n' jamais cherché de diagnostic, c'est un cas, c'est tout. J'en connais d'autre des comme ça, mon père par exemple. Qui une fois le couple tombé à l'eau ne sont plus jamais sortis de chez eux ou presque. Je t'imagine en face leur dire qu'il devraient voir les belles choses de la vie et partir en voyage alors que même couler un bain leur est compliqué.
Ou d'avoir vu leur couple se barrer en couille parce qu'il épuisait la personne en face à demander de l'aide pour trouver un travail, pour des démarches.. Et qui a les outils pour comprendre ces évènements 15 ans plus tard.

Oui, on aimerait bien que ce soit le cas, mais ce n'est pas forcément possible. Il y a un temps pour tous les discours. Il y a un temps pour l'écoute, pour le soutien, pour l'aide, pour le conseil... Et oui, on s'adapte à chaque fois. Entre la personne qui l'a découvert enfant,  adolescent, à 30 ans, à 60... A chaque fois c'est différentes questions. Par exemple pour mon père, c'est 10 ans d'enfermement total sur lequel il doit se repencher, une vie de couple qu'il a super mal vécu, une parenté qu'il a pas assumé. Moi ce fut les 23 dernières années de ma vie. Parfois, c'est juste des retours de l'enfance.

Ben écoutes, oui, moi j'angoisse pas mal car je m'en suis rendu compte car en crise, et une crise de 23 ans quand même, donc bon, se dire que l'on va devoir reprendre,  en sachant que l'on est voué à reproduire ce qui s'est déjà passé, au moins le temps d'apprendre à s'y adapter autrement, bref, de vivre 6 mois de crises continues (car bon, j'ai beau essayer de voir la vie en rose, ben, quand je touche pas mon chômage car il y a une erreur d'administration, quand j'ai envoyé un message à quelqu'un et que j'attends depuis 5 jours les réponses, pour le moment, ben, je n'arrive que bof à me contrôler, peut être mieux qu'avant et je le vis mieux, mais c'est pas non plus top). Et ceci seul. Le plus dur, je crois c'est que ça fait 9 mois que je pense l'être, bref 9 mois que j'attends, et que ces 9 mois, oui, ils sont seuls.

Tu me parles de voyage, mais tu sais, parfois, pour prendre de la distance sur ses comportements, il suffit juste d'un regard extérieur. Ou de quelqu'un qui peut être considéré comme un élément stable. Quelqu'un qui par exemple quand tu parles pendant 3 heures d'un truc qui intéresse que toi  est là pour te dire "c'est bon" gentiment. Parce que bon, par exemple, dans le cadre d'une conv, si l'on me dit que mes yeux partent en couille, ben j'arrive à le contrôler, sinon , non. Et même choses pour les émotions fortes. Parfois, juste une oreille attentive.

Et tu sais, vu que je suis en attente de diagnostic, pour le moment, je peux pas trop demander d'aide à quiconque. Genre ni à un professionnel pour un suivi (je ne suis pas très riche, donc à 50 euros les séances) et pas à mon entourage. Pour le moment, c'est une question entre moi et moi-même uniquement. Par la force des choses. Je l'ai découvert au moment où j'étais seul et sans activité, et donc, maintenant, je suis devant une page blanche ou presque. Au vu de mon passé et du fait que je n'ai pas de regard extérieur, tu peux envisager un seul instant de comprendre?


Puis, en général, vu que tu saisis bien la nature humaine, tu sais bien qu'un écrit d'un jour est totalement définitif et définit donc la personne. Totalement. Surtout chez les autistes qui n'ont jamais d'accès d'humeur excessif. Que l'on peut donc se permettre des considérations sur elle. En général, c'est ce qu'on fait quand quelqu'un dit qu'il va pas bien. On lui dit "de toutes façon t'es fermé"


Tu te bases sur quoi pour dire que je suis fermé, vu que la seule personne avec qui j'ai interragis ici, c'est toi. Une relation se construit à deux.

Je pense effectivemnt que le dialogue entre nous est fermé .
Et l'on est deux reponsables de ça.

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22 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 18:14

Je ne trouve pas que ce dialogue soit fermé, bon d'accord tu parles beaucoup plus que moi, mais tu en as un peu besoin non ?

Je ne peux pas me  mettre à ta place, parce que je ne te connais pas,tout ce que je connais de sarcelles c'est son stade de rugby et encore, c'était il y a 25 ans et tu as raison chacun a son histoire, avec plus ou moins de réussites et voila, c'est la vie, personne, ni toi ni moi ni personne n'y peut rien alors à quoi ça peut bien servir de se passer la rate au court bouillon pour des choses qui sont passées, terminées et sur lesquelles par définition personne ne peut plus agir.

Ok je suis surement un peu soupe au lait avec un soupçon de provoc, mais je veux t'assurer que je ne te veux aucun mal, au contraire, promis.

Pour ce qui concerne mon ouverture au monde je suis en France en moyenne 5 mois par ans, je travaille avec des dizaines de nationalités différentes, de tous les continents, de toutes confessions et de toutes naissances depuis plus de 10 ans. Et plus je passe de temps à l'étranger plus je trouve la France triste, le gens ne se parlent pas, ils s'aboient dessus, les relations entre les personnes se réduisent de plus en plus à des contrats, ou chacun essaie de tirer un maximum de l'autre et ils ont perdu le sens des valeurs humaines, bienheureux sont ceux qui savent encore sourire.

Je ne suis pas le roi du zen, je ne suis pas un donneur de leçons, je ne prétend pas tout savoir, tu nous a posé des questions et je t'ai simplement livré mon ressenti, c'était peut être maladroit, pardon.

Est ce que je peux te poser quelques questions et si elles ne te plaisent pas tu ne m’envoies pas un skud, tu me dis juste que je n'ai rien compris et que tu n'as pas envie de répondre, OK ?

Si j'ai bien compris tu comptes beaucoup sur ton diagnostic et d'un côté tu te dis que tu pourras être pris en charge donc aidé, mais d'un autre tu penses que s'il est positif tu es condamné à reproduire le même schéma toute ta vie et donc c'est pas une perspective super plaisante ?

Tu as dû envisager la solution inverse, à moins que vraiment tu n’aies aucun doute sur le fait que tu es porteur du Syndrome, (mais j'en doute sinon tu n'attendrais pas aussi impatiemment le résultat) qu'est ce que tu comptes faire dans ce cas ?

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23 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 19:01

Ben comme tu le notes, car ce n'est pas tant le passé que l'empreinte qu'il a laissé sur le présent qui reste. Ce ne sont pas des choses que je regrette ni ce que j'aurai pu faire, mais comment ça m'a aussi construit qui fait que ce passé est encore présent.

Bien sûr, j'ai envisagé l'hypothèse assez angoissante de "c'est pas ça".
Angoissante, car bon, j'ai beau détester les médecins et ne jamais me faire soigner, être pas du tout hypocondriaque, ben, il faut reconnaitre que j'ai pas mal "adhéré" aux symptômes, et que, suite à la découverte de ça, ben y a une  crise existentielle commencée il y a 23 ans qui s'est plus ou moins stoppé.
J'ai été suivi (en payant) et conduit vers le diagnostic, auquel à peu près tout le monde a adhéré dans mon entourage. Le fait que mon père est une caricature d'autiste a aidé à me convaincre (genre, il a passé les 20 années de mon enfance enfermé dans sa chambre, les volets fermés, je ne l'ai jamais vu exprimer une émotion, il parle comme un robot, est obsédé par les maths). Le fait d'avoir adopté un régime sans gluten et caséine qui m'a permis de ne pas me lever avec l'impression que j'allais vomir un jour sur deux  et d'avoir un transit intestinal normal depuis, ce qui n'était alors jamais arrivé a aussi aidé à convaincre. Le fait que je porte depuis 12 ans des lunettes de soleil dès qu'il fait un peu de lumière aussi.

Donc dans le cas où ça ne serait pas ça, ben, je pense que faudra envisager un suivi psychiatrique lourd, car avec cette masse de symptômes, il est clair qu'il y a un souci. On va dire que j'ai envisagé environ depuis mes 14 ans la perspective 1) d'être interné 2) de finir clochard et que la crise ayant débouché "par hasard" (je ne faisais aucune recherche sur la psychiatrie quand j'ai découvert le syndrôme, je regardais des pages wiki sur des séries télés) sur ça était dans la même perspective (clochard ou internement). Du coup, on va dire que si la perspective d'être Asperger me rassurait (et permettait avec mes proches une compréhension ) je crois que le non diagnostic serait pris comme un retour à zéro. Mais effectivement, je l'envisage très peu.

Et sinon, je ne pense pas que je suis condamné à quoi que ce soit. Je pense que l'on apprend les choses. On apprend dans une situation à pouvoir la gérer. Après, pour le moment, j'ai appris seul, et sans vraiment les bons outils. Là, j'ai des outils plus performants mais du coup, ce n'est pas parce qu'on a un Stradivarius qu'on joue comme un Dieu. Je sais que forcément, comme dans tout apprentissage, il y a des erreurs. Et que donc, je vais en faire. Et que les erreurs, c'est quand même des conflits ouverts avec des gens, des situations de stress intense, des inadaptations.  Pas les choses que l'on contrôle de surcroit le mieux. Donc du coup, entre la perspective de faire seul des erreurs et d'avoir du mal à les assumer seul ou de "rester chez soi" , ce qui se propose à moi, c'est compliqué. Si je me base sur mon désir de me maintenir "calme" ben, la solution de chez moi est mieux. Et il faut dire que depuis 20 ans, des moments de calme et serein, j'en ai pas connu des tas. Bien sur je pense au retour dans la vie sociale mais en sachant qu'il sera forcément dur et douloureux et sans grand soutien. Mais il amènera peut être à du mieux. Encore faut il que la transition se passe bien.

Non, je ne me fais pas tant d'illusion sur les conséquences du diagnostic, je sais qu'en terme de soutien, il faudra se batailler et pas forcément avec résultat.
Et effectivement, je trouve ça plus "dur" rationnellement (mais moins puissant émotionellement) de savoir les raisons de pourquoi ça se passe pas bien et ce qu'il faudrait changer. Avant je contrôlais rien, donc du coup, mes pics de colère (contre moi majoritairement)  étaient très forts et peu maitrisés, mais je tendais à les laisser de côté quand ça allait bien. Maintenant que je me sens plus "un", j'ai moins la possibilité de les laisser de côté, et plus que de voir un truc horrible que je n'arriverai pas à surmonter, je vois des situations dans lequel je suis confronté, que j'arrive à prendre avec plus de distance, mais dans lesquelles je ne réagis pas beaucoup mieux qu'avant pour le moment.
La distance que je peux avoir avec moi, pour le moment, moi face à moi même, j'ai du mal à la rendre constructive. Je la perçois encore un "ça va toujours pas" plus que comme un "ça ira mieux demain" car je suis plus dans la répétition de ce qui se passait avant que je commence mes démarches qu'une personne totalement nouvelle.
Quand tu parles de voyage je trouve qu'il y a un aspect superficiel. Parce que bon, il est vrai que symboliquement, pour un nouveau départ, c'est bien les voyages. Mais je me souviens aussi que cette attitude là, je l'ai déjà eu, à des rentrées, à des déménagements, des "on change de lieu, on va tout changer", et à chaque fois, je me suis retrouvé repris dans les mêmes circuits. Bien sur demain ne sera pas identique à hier. Mais je crois que si un départ est envisageable, il le sera une fois certaines choses affrontées: là j'ai peur du monde. Ce n'est pas une bonne posture pour vivre ça. Et j'ai peur du monde aussi parce qu'il est enfermé dans une subjectivité dont j'ai de plus en plus conscience. Quand on s'énerve face à quelqu'un qui est très gentil et serviable pour des raisons X ou Y (par exemple, car elle est tellement gentille et serviable qu'elle est accaparée tout le temps et que nous, ne cherchant pas à nous imposer on attend depuis 30 min de lui parler) , avant, je ne serais jamais revenu dessus en me disant, vraiment ça n'allait pas. Mais maintenant, j'avoue que quand je repense à la situation et que je me dis comment j'aurais pu éviter ça, je n'ai pas de réponse que je suis capable de m'apporter. Mis à part, si quelqu'un avait été à côté et m'avait permis à ce moment de débloquer le truc, genre de prendre de la distance avec, ben oui. Mais tout seul, je ne trouve pas les armes. Ca va venir mais c'est très fatiguant. Et surtout, j'ai déjà fait ça toute ma vie. C'est une perspective épuisante.

Et effectivement, je ne suis pas du genre à appeler à l'aide ou même à supporter d'être aidé. Du coup, c'est assez compliqué. On m'a dit souvent que quand je demandais de l'aide, je me comportais comme un assisté. Entre le fait de pas trop aimer qu'on fasse les choses à ma place (et souvent l'aide prend malheureusement cette forme) et le fait que je pensais que je n'y avais pas "droit",. Quand on a passé 20 ans à penser que l'on méritait les crasses, qu'on devait les assumer et surtout ne jamais en parler (j'ai compris depuis que c'est une façon et des moments d'en parler, moi, j'tais en mode soupape qui explose d'un coup de façon impromptue, sans préparer le terrain), c'est dur de revenir sur ça. Je veux dire, quand rationnellement on voit comment on pourrait améliorer les choses mais que l'on se confronte à des émotions qui vont à contre sens.  On me dira c'est le cas de tout le monde. Sauf que chez tout le monde, l'expression de ces émotions ne fait pas de vous un être bizarre et différent, mais quelqu'un comme tout le monde.
Je ne suis pas certain que le problème se situe que de mon côté. Le fait d'avoir été percu comme bizarre sans savoir comment le gérer et pourquoi (j'ai quand même plus ou moins inconsciemment effacé des dizaines de tics, la prosodie et les mimiques entre 20 et 25 ans) amène aussi un rapport au monde différent. Je suis surtout problématique car on m'a dit que j'étais problématique. J'ai par exemple déprimé de voir personne jusqu'au jour ou j'ai pris conscience qu'en fait, je le voulais aussi être seul, souvent, et que je le vivais bien, et que c'était pas "anormal". Le fait qu'on te dise toutes les semaines que ce n'est pas normal "qu'il faudrait que tu sortes", que "tu vois des gens" me mettait dans une position ou je culpabilisais surtout.  Avant je me voyais comme totalement soumis à des trucs que je comprenais pas. Et que depuis que je suis au courant, ben je n'ai juste pas encore eu l'occasion de me reconfronter au monde.


Je pense que de ne pas avoir de demain concret (logement, travail) envisageable, de personne à voir, et peu de références dans le passé d'un moment satisfaisant,  constitue un manque de motivation pour se dire que quand même "on va y aller" parce que ça va apporter du positif. Et ça rappelle toutes les fois avant où on a dit qu'il fallait aller vers le positif et ou je ne "pouvais pas". Compliqué d'aller vers le positif quand il va être marqué par des situations difficiles et qu'on sait pas où ça va mener et que l'expérience passée ne permet pas de penser les promesses possibles du futur.

Je trouve ça plus dur seul. Car, il faut le dire, il y a quand même un souci pour aller mieux. Il y a très peu de personnes que j'aime pas, mais je crois qu'au sommet, il y avait la personne que j'étais. Et que si c'est plus le cas, j'ai pas forcément la distance nécessaire pour m'en rappeler tout le temps. Et les autres eux, s'en rappellent très bien de qui j'étais, ils ne connaissent même que ça Very Happy

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24 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 21:33

Je me rend bien compte que tout ce que tu as vécu est compliqué, et j'aimerai pouvoir te dire comme une madame Irma, qu'à partir de demain tout va changer, mais je te mentirais, la vérité tu la connais aussi bien que moi, diagnostic ou pas, la société ne fait pas de cadeaux à la différence, quelle qu'elle soit. Et c'est injuste d'autant plus que c'est a ceux qui sont en difficulté, de se battre pour avoir une chance, aussi infime soit elle, de s'en sortir.

Quand je te parlais de partir, effectivement il ne s'agit que de changer le cadre, donc c’est superficiel car oui, toi au milieu du décor tu restes le même. Quand tu nous as posé la question, j’ai vraiment essayé de me mettre dans la peau de quelqu’un qui ne voit pas le moindre rayon de soleil à l’horizon, et si j’ai dit que je partirai, et c’est surement ce que je ferais, c’est parce que je sais que ça m’aiderai. Depuis que je voyage régulièrement, j’y prends du plaisir, et quand j’ai commencé à le faire je ne m’étais pas imaginé une seconde qu’un jour, revenir pourrait me peser sur certains points. Heureusement, j’ai une famille que j’aime et c’est vraiment pour eux que je rentre.

Oui, c’est facile de parler de partir dans ces conditions, je n’ai aucun frais à avancer, je suis payé, nourrit, logé, blanchit, je reçois mon passeport et mes billets d’avion à la maison… mais j’ai rencontré pas mal de gens, dont certains étaient partis au bord de la rupture et avaient trouvé dans le voyage un moyen de de se ressourcer, de faire le point et de reprendre confiance, car c’est bien la clef. Mais aucun d’entre eux n’avait d’autisme, je te l’accorde.

Quand tu te lèves le matin en étant persuadé que ce sera une mauvaise journée, c’est quand même difficile d’arriver à faire quelque chose de constructif.

Je trouve que tu as une analyse très précise de ta situation, en même temps si ça fait des mois que tu gamberge… mais ça veut dire que tu sais prendre le recul nécessaire et te remettre en question, c’est important pour avancer et ça t’aidera surement à progresser et à reprendre le contrôle de ta vie.

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25 Re: Présentation Gregovic le Mar 7 Oct - 22:15

Mais je me lève rarement en pensant que je vais passer une mauvaise journée Wink
Par contre je me retrouve souvent devant la question du "quoi faire". Et je crois que c'est ça qui me paralyse.
La solution, c'est donc l'activité, et, je n'ai pas forcément besoin du social pour ça. Mais, je pense qu'effectivement, il y a eu un schisme irréconciliable entre mes passions et certains traits ou plus globalement une part de ma personne et ma vie professionnelle ou plus globalement mon personnage social qui a conduit à des stratégies d'inhibition sur à peu près tous les sujets, sinon ceux imposés par d'autres ("les gens qui savent", jusqu'au diagnostic, il y avait ce concept des autres gens, de la plupart du moins, en maitrise, du moins par rapport à moi ) sauf dans "la fuite" (ces moments ou l'on s'enferme et ou se consacre uniquement à ce qui nous plait ).
Vu que les deux coexistaient difficilement et que je ne pouvais ni fuir l'une (la vie sociale et ses impératifs économiques) ni l'autre (qu'on pourrait résumer partiellement par "moi"), j'ai oscillé entre la lutte, mais peu efficace, et surtout orienté vers moi même (essayer d'effacer ses traits) aboutissant à l'inhibition.

Je pense que ce topic en est la démonstration un peu pathétique d'ailleurs.

Alors, pour l'analyse précise de ma situation, effectivement pas de souci: je suis un monstre d'analyse, et ça fait pas 9 mois mais 20 ans que je gamberge sur ma personne.  

C'est justement aussi ça le souci. Car, j'ai beau savoir, comprendre, analyser finement, ben, dans les actes, ça ne marche pas.
C'est encore plus con, du coup. Car, effectivement, c'est comme si tu avais un kit IKEA, toutes les pièces, que tu savais faire et que tu ne montais par l'armoire parce que tu n'y arrivais pas. Tu me diras, si je reçois demain une armoire IKEA à monter, je pense que je peux la laisser démonté par terre plusieurs semaines, en essayant chaque jour de me motiver à le faire. Sauf que bon, une fois la décision prise, l'avantage c'est qu'au moins, le risque d'avoir un conflit avec la planche de bois est plus réduit (quoique pas inexistant, au vu de certains objets qui ont mal vécu certaine scolères)

Je pense que c'est pour ça que j'aurai d'ailleurs besoin d'une personne: pour me ramener à moi quand l'extérieur a tellement d'influence sur moi que je ne suis plus capable de me penser. Que ce soit mes yeux qui couille à cause du reflet lumineux à gauche, de la conseillère de la CAF qui me parle de façon ultra désagréable en m'engueulant parce que je connais pas les démarches et qui me demande de refaire 3 heures de queue le lendemain, ou ce coup de fil attendu et inhibant toute autre activité, à chaque fois, le souci, c'est de ne plus vraiment avoir l'impression de pourvoir maitriser les choses, comme pris dans un mouvement plus grand que soi. Et je trouve ça tellement con de le vivre si mal alors qu'il suffirait souvent de quelqu'un de confiance qui me fait prendre conscience du truc 5 secondes pour que ça ne tourne pas au drame.

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