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Messages : 6
Date d'inscription : 14/06/2013
Localisation : Est de la France
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Suite & fin de mon témoignage sur le fils de mon compagnon

le Jeu 4 Juil - 19:10
A la lecture (et relecture) de mon témoignage, je constate qu’il manque certains éléments : Paul est un garçon très gentil & soucieux de bien faire. Il ne veut pas décevoir son père, ni sa sœur ou les autres membres de la famille dans le sud. Il est toujours sociable avec mes garçons qui aiment bien le voir aussi ainsi que la grande sœur quand il y a un repas familial même si les trois garçons vaquent à leurs activités personnelles au bout d’un moment. J’ai développé une certaine complicité avec Paul mais depuis notre confrontation & échanges en 2010, je garde plus de distance dans les affaires le concernant. Je m’occupe plutôt d’essayer d’animer la vie familiale (organisation d’un repas d’anniversaire pour son meilleur ami sud américain, achat hebdomadaire d’un avocat pour Paul au marché qu’il reprend chez lui après le repas familial du dimanche soir : c’est un rituel auquel nous sommes tous les deux attachés ! Nous sommes allés régulièrement à la pizzéria préférée de Paul et de mon 2ème fils depuis un an… Cela permet de bien discuter avec eux sans qu’ils filent dans les chambres reprendre des manettes de jeux vidéo ou surfer sur le net !).

Le papa de Paul a beaucoup changé dans son attitude envers son fils depuis 5 ans. Si au début, la communication passait assez mal entre eux, et que le père se montrait assez autoritaire, le sommant en quelque sorte de travailler et de réussir, & que le fils se comportait de manière assez fuyante restant des heures tout seul dans sa chambre, ils ont tous les deux appris à adapter leur comportement pour construire une meilleure relation (notamment depuis le passage de Paul chez le psychiatre en 2012). Paul m’avait expliqué après le 1er abandon de BTS le fonctionnement familial de son point de vue lorsque sa mère était encore en vie et que tout allait bien avant sa maladie :
‘Je parlais à maman, et ensuite maman parlait à papa de ce que j’avais dit.’
NB Il appelait sa maman par son prénom, en fait, et son père par un surnom qu’il lui avait trouvé.

Le vide laissé par la disparition de sa mère (sans parler de la souffrance de la voir souffrir, justement) a dû être terrible…. pour toute la famille d’ailleurs. On ne s’en remet peut-être pas, on apprend à vivre avec, c’est tout… cela n’aide pas, je pense, qu’ils parlent très peu de celle qui était partie. Je n’ai jamais voulu occulté sa place, mais j’ai vite compris que le trio (père, fille & fils) étaient très pudiques par rapport aux références à son sujet même s’ils m’ont
montré des photos de famille/d’enfance en racontant des anecdotes au début de mes relations avec la famille. Mais, depuis que je vis sous le même toit que leur père, les références à l’épouse/mère sont plutôt rares. Paul a plus souvent parlé de sa maman depuis qu’il fréquente le psy de nouveau.

Le père de Paul me disait qu’il avait fait son deuil, mais je me rends compte que sa demande de s’installer avec moi a été sans doute trop précipitée. Avec le recul, je pense que je n’avais pas mesuré les difficultés de refaire ma vie avec un veuf qui avait perdu son épouse aimée ‘involontairement’. Il faut que je fasse preuve de patience car je sais qu’il tient à moi (par exemple, il a organisé cette année avec l’aide de nos enfants une belle fête pour mes 50 ans avec toute ma famille & les amis).

Tous les problèmes que je soulève concernant Paul pourraient signifier tout simplement que le fils de mon compagnon n’accepte pas encore la mort de sa mère ou que son père cherche à refaire sa vie (ou, du moins, à vivre une histoire avec une autre femme…).
Il se pourrait bien qu’il y n’ait aucun syndrome comme l’affirme le psychiatre qu’il a fréquenté, simplement une certaine immaturité liée à des difficultés pour s’adapter à une vie sans sa mère. Il cherche encore ses repères et ne se sent pas encore à l’aise, pas encore suffisamment en paix avec lui-même pour régler ses difficultés d’insertion professionnelle.

J’ai commencé à lire l’autobiographie « Je suis né un jour bleu » de Daniel Tammet (un autiste savant anglais) et je constate que je ne dispose pas d’éléments sur l’enfance de Paul pour comparer avec le vécu de Daniel. Il se peut  bien que je confonde les difficultés liées à une recomposition familiale après veuvage, de surcroit, et des troubles de comportement relevés chez Paul qui n’ont peut-être rien à voir avec le Syndrome d’Asperger. Après tout, Paul m’avait bien dit il y a quelques années qu’il avait du mal à s’adapter à ma présence, même s’il témoigne une certaine affection vis-à-vis de moi… à cette vie qu’il n’a pas choisi de vivre sans mère, où ses repères ont été totalement chamboulés.

J’espère qu’il arrivera à décrocher le diplôme de maitre nageur ou toute autre qualification lui permettant de s’épanouir et de se lancer sur le plan professionnel. Mon fils aîné du même âge que Paul est installé en appartement avec sa copine à Paris avec un CDI dans une agence de publicité (lui qui avait fait une grosse crise d’ado entre 16 & 19 ans !). Il y a des chances que Paul ait peur que je le compare de manière négative avec mon propre fils. Je sais que cela ne fait pas plaisir à mon compagnon que les autres avancent & que « ça coince » pour Paul. Mais mon souhait sincère, c’est que Paul trouve sa propre voie. Je le souhaite aussi car ces échecs rendent son père nerveux… et je vis avec lui.

Mais peut-être que Paul va y arriver dans l’année qui vient.  Et si j’arrêtais d’angoisser à son sujet ? J’essaie de le « booster » très régulièrement, mais sans doute, au fond de moi, je ne lui fais pas suffisamment confiance pour s’en sortir… à son rythme.
Voilà. J'ai ressenti le besoin de partager ces pensées, et je sais que tout cela est subjectif et incomplet. Cela m'a aidé en tout cas à prendre un peu de recul & à réaliser qu’éventuellement, j'interprète mal les signes de difficultés chez Paul qui a perdu sa mère et n'accepte peut-être pas inconsciemment cette tentative de recomposition familiale. Sa différence serait liée à ce moment-là à un désir de cacher ces sentiments qui peuvent déplaire à son père ou même à sa sœur. On verra bien...
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